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An ocean away [Melody] / Ottawa

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Naomi Lawford
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Mer 9 Aoû - 21:22

08 Août
2017
An ocean away
Day One

Melody Williams
Naomi Lawford

Cinq jours de tournage, cinq jours replongés directement dans mon enfance, mes souvenirs, à reprendre contact avec des amis à qui je continuais de parler mais que je n'avais pas revu depuis plus d'un an maintenant... Je ne sais pas pourquoi ça m'a paru aussi naturel d'inviter Melody - sûrement parce que je l'ai accompagné, il y a quelques mois, dans le monde de ses propres souvenirs. En Ecosse, chez sa grand-mère, dans cette forêt avec la pierre et sa lettre, une main tendue dont je n'ai compris le sens que trop tard. Je ne lui ai pas dit que je m'en souviens ; je ne pense pas que ce soit nécessaire, ça ne ferait que la faire souffrir encore plus.

La plupart de mes amis m'ont dit de ramener mon copain, je ne l'ai pas fait. Bien sûr, je vais garder contact avec lui depuis là-bas, mais... je tenais à emmener Melody, et j'évite le plus possible de les laisser au même endroit tous les deux - je sais qu'ils ne s'entendent pas, et ce n'est pas bien difficile de comprendre pourquoi. Et puis... d'un certain point de vue, je ne me sens pas encore prête à le faire venir dans la ville où j'ai passé quasiment toute ma vie. C'est stupide, d'autant plus qu'il a déjà rencontré ma mère avec le voyage scolaire. C'est pas comme s'il n'avait pas déjà mis plus d'un pied dans ma vie, mais mes années à Ottawa restent quelque chose qu'il ne connaît que par ce que j'en raconte.
De toute façon, Melody a fait pareil avec moi, elle garde une priorité là-dessus.

Trois heures du matin. Je descend mes bagages, quoique le terme soit un peu fort pour une valise aussi petite. Ma mère m'attend en bas, et Melody ne doit pas être très loin derrière moi dans les escaliers ; j'allais remonter pour l'aider avec ses affaires, mais elle est déjà à la porte des dortoirs avant que j'aie le temps de l'atteindre. Elle nous emmène sur place pour qu'on ait pas besoin de se prendre la tête sur le parking, officiellement en tout cas mais je suis sûre qu'elle a juste peur que je m'endorme au volant en me levant aussi tôt. Résultat, comme je savais que j'allais pas conduire, j'ai joué à Overwatch avec Melo jusqu'à... bah y a dix minutes en fait.

On est parties pour une heure de route jusqu'à l'aéroport, probablement deux heures à attendre en salle d'embarquement, puis sept heures et demi de vol. J'avais oublié que le trajet était aussi long - en un an, on oublie vide ce genre de détails. Normalement, Laura passe nous chercher à l'aéroport d'Ottawa et on a plus beaucoup de route à partir de là - une demi-heure, quelque chose comme ça. Heureusement que je suis pas toute seule pour le voyage, ça aurait été difficile à supporter, surtout avec mon impatience naturelle. L'heure de voiture va probablement me servir d'heure de sieste... somnolence plutôt, surtout que je veux pas laisser ma mère toute seule devant, ça fait trop taxi et ça l'énerve un peu, mais pour s'occuper à l'aéroport (même avec les boutiques sur place) et, surtout, dans l'avion, j'aurais bien besoin de sa compagnie. Même si bon, si elle est fatiguée, je la laisserait dormir en ruminant mon impatience.
Et avec le décalage horaire, on va arriver super tôt dans la matinée là-bas en plus - cinq heures de moins, ça nous fait arriver à quoi... huit heures du mat' ? - la journée va être longue. Ça sera l'occasion de prendre un petit-dej toutes les trois.

- Alors, prête à traverser l'océan ?

Je me suis retournée sur mon siège pour parler à Melody, avec un sourire un peu fatigué. L'avantage de connaître aussi bien son passé, c'est que je suis sûre qu'elle n'a pas peur en avion - les gens qui ont peur en avion me stressent toujours, en fait, alors que je suis du genre super calme en vol d'habitude. J'ai déjà hâte d'arriver, la voyage va être très très long, et je suis absolument certaines de pas dormir. J'arrive pas à dormir dans les transports, c'est pour ça que j'ai toujours un bagage cabine super chiant à transporter : faut que je m'occupe.

- Tu sais où vous allez une fois sur place ?
- C'est Laura qui passe nous prendre. Elle va nous poser à l'hôtel, enfin sauf si on prend un petit-dej en chemin, et après la prod' nous prête une voiture normalement.
- Ça va être sympa. Melody, je compte sur toi pour qu'elle ne se noie pas dans le travail et qu'elle s'amuse, d'accord ?

Elle fait un clin d’œil dans le rétroviseur et je lève les yeux au ciel. Comme si j'étais du genre à me perdre dans le travail - bon ok, peut-être un peu. Là on parle quand même de retrouver la plupart des gens avec qui j'ai plus ou moins grandi, et j'ai plusieurs amis dans le lot, surtout Laura, William et Gloria avec qui j'ai le plus tourné. Arthur aussi. Ça va faire beaucoup de monde à présenter d'un coup.
© Naomi
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(Tamara en #cc6600)






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Melody Williams
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Mer 9 Aoû - 22:26
An ocean away

ft Naomi

ft Naomi


J'ai trouvé ma place en ce monde
Au fond de moi, je suis contente. Contente sans vraiment parvenir à m'en convaincre. Ne vous y trompez pas, je suis reconnaissante de la perspective qui m'est offerte de m'ancrer un peu plus dans sa vie, de créer des souvenirs à ses côtés, ces mêmes souvenirs qui calmeront mes angoisses dans les ténèbres de ma sempiternelle solitude mais... Est-ce vraiment ma place? Je ressens un mélange contradictoire et désagréable de sentiments à l'idée de pouvoir visiter cette ville chère au cœur de ma meilleure amie mais d'un autre côté, je sais que je ne suis qu'un second choix. Peut-être pas cette fois, bien sûr.. Non, Naomi avait vraiment envie que je l'accompagne mais je ne peux faire sans me répéter que dans d'autres circonstances.. Je ne suis bonne qu'à me faire du mal finalement il semblerait mais... ai-je-tort ? Je sais tout d'elle : de sa couleur préférée à son parfum, de sa marque favorite de vêtements, la façon dont elle coiffe ses cheveux, sa série favorite mais pourtant, tout ce savoir m'est inutile. Et... le plus douloureux est peut-être de savoir qu'elle ne sait rien de tout cela me concernant. Je soupire donc en descendant les escaliers.

Je descend les marches petit à petit avec ma lourde valise, en silence. J'ai peut-être abusé mais dans l'enthousiasme qui précédait ce douloureux constat, j'avais un peu paniquée, ne sachant rien des jours à venir et c'est ainsi que je m'étais surprise à prendre des jolies vêtements, d'autres plus confortables que beaux, et d'autres plus chauds que confortables. Disons que j'avais voulu paré à toutes les éventualités. La seule chose dont je n'aurais pas vraiment à me préoccuper avec Naomi. Elle ne voyait plus rien en moi et je ne laissais plus rien paraître. En cela, j'avais adoré pouvoir passer la soirée à jouer, surtout à Overwatch. J'avais ainsi pu écouler toute ma frustration, alignant tête après tête, jusqu'à faire rager pas mal de nos adversaires. 51 tués pour 2 morts. Je crois que la frustration me réussit. C'est peut-être car ma vie en est constitué depuis quelques années que j'en viens à jouer aussi bien. Enfin passons. Je me tournais vers Naomi, profitant du peu de visibilité que m'offrait la nuit noire et ma bonne vision nocturne pour la regarder. Elle semblait si heureuse. Je n'avais pas le droit de gâcher son bonheur. Je ne laisserais rien transparaître de mes pensées négatives. Elle m'avait fait un honneur que je ne pouvais ainsi repousser. Je n'en avais ni le droit ni l'envie, même si au fond de moi je ne pouvais faire sans me demander si , dans un an, lorsque nos chemins se seront séparés, elle serait si heureuse de me retrouver ? Elle le serait à coup sûr mais jamais autant de moi et c'est ce gouffre qui entaillait mon cœur. Ce gouffre et le fait que j'avais eu la preuve de mes pensées de cette fameuse nuit. Je n'aurais pas ma place dans un cœur qui pourtant me semblait destinée, là où un abruti qui ne semblait en aucun cas avoir sa place auprès d'elle, y trônerait pour longtemps, voire pour toujours. Foutu aléa de l'amour qui heurtait mon être.

Quelques minutes plus tard, j'étais assise dans mon siège de voiture, avec Naomi et sa mère. Une femme des plus charmantes dont la ressemblance assez marquée avec ma compagne de cœur m'avait assez perturbée en premier lieu - ce qui me mettait aussi en perspective le choc que fus la rencontre avec ma cadette Victoria - mais que j'appréciais un peu plus chaque jour. La revoir avait déjà permis à mon esprit de se vider un peu de certaines pensées. En effet, à peine arrivée, Tamara s'était montrée douce et aimante envers moi comme si je faisais partie de la famille, comme si j'étais sa propre fille et ce regain d’attentions avait quelque peu dispersé les nuages qui embrumaient le sommet de la montagne solitaire qu'est mon cœur.

- Alors, prête à traverser l'océan ?

Je souris légèrement à ma camarade, notant sans difficulté la fatigue pesant dans sa voix ou bien les cernes autour de ses paupières. Son enthousiasme et sa petite voix la rend plus mignonne encore. Un peu comme une enfant. Après tout Naomi est une femme-enfant.  Un petite pierre précieuse fragile qu'il faut savoir manier avec précaution et douceur pour ne pas abîmer son éclat irréel. Cela dit, je ne prend pas la peine de répondre : elle le sait très bien. J'ai toujours voyagé, voyagé nuit et jour de part mon métier qui m'avait mené aux quatre coins du monde ; pour le meilleur comme pour le pire, passant d'une princesse adulée à une paria au fond du trou mais rien ne pouvait saper mon enthousiasme, pas même mes pensées les plus noires, du moins pas devant ce sourire pour lequel je parcourrais la Terre Entière. Oui je parcourrais la terre entière pour voir ce sourire. Elle est vraiment heureuse et comme un insidieux remède, son bonheur vient irradier mon être, me faisant sourire sans même réfléchir.

- Ça va être sympa. Melody, je compte sur toi pour qu'elle ne se noie pas dans le travail et qu'elle s'amuse, d'accord ?

Je tourne la tête vers la mère de ma bien-aimée, ayant totalement perdu le fil de la conversation en cours de route. La faute à la petite étoile qui était assise non loin de moi. Je plonge mon regard nacarat dans le reflet du regard émeraude de Tamara avant de faire un léger oui de la tête.

-"Comptez sur moi Madame. Je ferais attention à elle vous savez.. Je prendrais soin d'elle et je ferais tout pour qu'elle ne se laisse pas submerger, c'est promis.."

Bien sûr que je vais prendre soin d'elle. C'est évident. Je ne peux vivre sans prendre soin d'elle , c'est comme une drogue dont je m'imagine difficilement me passer. D'ailleurs.. ce regard.. Je me demande si la mère de Naomi est au courant, si elle sait. Je doute fortement que Naomi lui en ai fait part. "Hey Maman, je pars en vacances avec une psychopathe amoureuse de moi!". Non, c'est certain. Pourtant... J'aurais juré à l'instant qu'elle se doutait de mes sentiments à l'égard de sa fille. Sûrement une fausse impression de ma part.

Un événement me tire de mes suspicions. Un événement des plus mineurs, presque anodin. Mon amie vient d'éternuer. Je me tourne vers elle avant de la regarder et de lui murmurer doucement.

-"Tu as pas attrapé froid au moins? Je t'avais dis que de porter un short avec les baisses de températures allait te rendre malade.."

Sans trop réfléchir, je l'enveloppe dans mon manteau comme je peux, tirant sur la ceinture pour la couvrir de mon mieux avant de lui sourire. Oui peut-être que j'ai des doutes parfois mais lorsque je suis comme ça, à la préserver d'elle-même, de ce monde et de moi aussi parfois, je sens qu'elle a besoin de moi auprès d'elle...En cet instant, pendant une brève seconde, quelque chose me disait que je comprendrais plus encore à quel point je devais rester auprès d'elle. A quel point j'avais trouvé ma place en ce monde.





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Naomi Lawford
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Mar 29 Aoû - 13:19

08 Août
2017
An ocean away
Day One

Melody Williams
Naomi Lawford

Je suis contente que ma mère s'entende bien avec Melody. Bon, la vérité, c'est qu'elle n'ont pas eu tant de contact que ça – évidemment ma mère était au voyage scolaire en France alors elle a eu des occasions de la rencontrer, mais c'est à peu près tout – et que je ne lui ai pas donné tous les détails, mais elle a toujours eu un peu plus de distance avec mes amis. Enfin "amie", c'est un peu plus compliqué que ça. Heureusement, je tiens mon côté aveugle d'elle, donc elle ne risque pas de me faire trois sous-entendus à la seconde, sauf si Erik a trouvé amusant d'aller lui glisser deux mots là-dessus pendant qu'il essayait de la draguer.
Situation glauque, soit dit en passant.

- Comptez sur moi Madame. Je ferais attention à elle vous savez.. Je prendrais soin d'elle et je ferais tout pour qu'elle ne se laisse pas submerger, c'est promis..

Évidemment. C'est quand elle dit ce genre de choses que je me dis qu'il faut vraiment que je m'achète une nouvelle paire d'yeux et d'oreilles, pour ne pas l'avoir remarqué plutôt. Et maintenant que je suis au courant, j'ai un mal fou à comprendre comment ma mère pourrait ne pas s'en rendre compte elle aussi. Mais elle réagit à peine, répondant par un simple sourire et un hochement de tête avant de se concentrer sur la route. Heureusement, il est assez tôt pour qu'il n'y ait pas d'embouteillages, donc on devrait arriver à l'aéroport assez vite.

- Tu as pas attrapé froid au moins? Je t'avais dis que de porter un short avec les baisses de températures allait te rendre malade..

J'entends ma mère rire à cette remarque. Forcément, quand on me connaît depuis ma naissance, on a du mal à associer "attraper froid" avec la vingtaine de degrés qu'on a depuis le début de la semaine. Autant que "écoute-moi quand je te dis qu'il fait pas assez chaud", d'ailleurs. Je crois que je n'ai jamais eu de rhume de ma vie, et il faut bien qu'il fasse 10°C pour que je décide que la température ne se prête plus à des shorts et tee-shirts.

- Je suis loin d'avoir froid... C'est la clim qui me fait éternuer.

Ça m'a toujours fait ça : l'air conditionné, ça me projette du vent dans les yeux et dans le nez – sur le visage de manière générale, en fait – et à la fin, même sans avoir froid, je finis par éternuer deux ou trois fois de suite sans raison. Ma mère répond à mon commentaire par un haussement d'épaules avant de baisser la clim et d'entrouvrir sa fenêtre, assez pour que je ne me plaigne pas de la chaleur dans deux minutes.

- Fais attention Melody, dire à Naomi quand elle doit avoir froid c'est risquer un commentaire désagréable.

Je lève les yeux au ciel. Mes petites piques quand j'étais au collège l'ont marquée, visiblement. C'est pas comme si la dernière fois que j'avais fait ça, c'était avant de commencer a carrière. Et accessoirement, je ne suis pas du genre à balancer des répliques acerbes à mes amis.

- J'ai plus douze ans, tu sais.

Je ne récolte qu'un sourire en réponse et j'appuie ma tête en arrière sur le siège avec un soupir. Bon, reste qu'elle a raison sur un point : ce manteau me tient trop chaud. Si je le garde, je vais être en nage avant d'arriver à l'aéroport. Bon, j'exagère peut-être un peu, mais entre la voiture de ma mère qui retient jalousement la chaleur et mon intolérance naturelle à tout ce qui est au-dessus de 15 degrés, je serais pas dans un état génial à la fin. Je le retire de mes épaules pour le poser sur mes genoux, avant de me retourner sur mon siège.

- C'est toi qui va avoir froid. Si tu chopes un rhume avant qu'on arrive, tu pourras pas profiter du séjour... T'es sûre que tu veux pas reprendre ton manteau ? J'ai chaud, moi.

J'aurais pu juste le lui rendre mais ça fait un moment que je prête plus attention à ce qu'elle veut – sûrement un coup de ma paranoïa naturelle quand quelqu'un développe des sentiments pour moi. Je vois une possibilité de la blesser dans chacune de mes actions et un pas vers moi, une tentative de me plaire, dans chacune des siennes. C'est épuisant, à la longue, mais c'est plus fort que moi. Je passe d'aveugle à super sensible aux sentiments des autres dès que quelqu'un m'ouvre les yeux.

Parlant d'yeux, entre la nuit blanche et le roulement de la voiture, j'ai du mal à les garder ouvert. Ma mère a cette façon de conduire qui endort même moi, alors que les voitures sont l'endroit au monde où j'ai le plus de mal à m'endormir. Avec en deuxième place les avions, les bus et les trains, et en troisième place tout ce qui ressemble de près ou de loin à un fauteuil ou un canapé. À cause de ma réaction naturelle au mot "sieste" et à tout ce qui y ressemble.
Bon, sauf que là il est trois heures du mat', donc on est plus proche de l'heure normale pour dormir que d'une sieste, du coup ma réticence presque physique, elle est pas encore optimale.

On a traversé la moitié de la ville et on s'engage sur les avenues principales. Ligne droite, ou presque, jusqu'à l'aéroport. On devrait être sur l'autoroute dans une dizaine de minutes, et de là il nous restera une demi-heure. Mon cerveau se centre sur les détails techniques pour rester éveillé, mais honnêtement je pense que je vais somnoler pour le reste du trajet. Surtout avec tous les trucs qu'on a à faire sur place, entre l'embarquement, les tickets et tout ça, j'ai besoin de remettre mes batteries au bon niveau. Une demi-heure de sommeil devrait suffire.
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Mar 29 Aoû - 14:43
An ocean away

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Garde ta place

J'étais restée silencieuse pendant tout l'échange entre Naomi et sa mère : Je venais, en effet, d'être témoin de leur complicité et au fond de moi, je ressentais une légère pointe de jalousie. Une pointe de jalousie sans aucune malice. J'aurais juste aimé avoir une mère comme la sienne. Comprenez que ma mère n'est pas horrible ou que je ne désirerais pour rien au monde être née dans une autre famille que la mienne. J'aimerais juste que ma mère puisse se montrer si aimante et agréable avec moi , là où , pour l'instant, je n'avais essuyé que de l'ignorance. Dans un autre registre, je comprenais mieux d'où venait cette attitude si particulière qu'avait Naomi : elle ressemblait en de nombreux points à sa mère et pas seulement physiquement.

- C'est toi qui va avoir froid. Si tu chopes un rhume avant qu'on arrive, tu pourras pas profiter du séjour... T'es sûre que tu veux pas reprendre ton manteau ? J'ai chaud, moi.

En effet, la demoiselle n'a pas gardé longtemps le vêtement que je lui ai proposé sur les épaules mais je n'y prête pas spécialement attention. Après tout, si elle a chaud je comprends qu'elle s'en dépare. Je dois avouer que j'ai moi-même plutôt chaud.

-"Non c'est bon, ne t'en fais pas..."

Je dois avouer que je me sens un peu triste à chacune de ses tentatives de se montrer plus attentionnée car je ne peux m'empêcher de me figurer la raison de cette dernière. Mes sentiments. Sa culpabilité qui ne devrait être et que je ne parviens en rien à estomper, à faire disparaître. Je ne laisse cependant pas transparaître mes émotions à ce sujet, fidèle à ma promesse, à mon pacte de silence.Je décide de laisser de côté mes pensées avant de prêter attention à ce qui se passe au dehors. Je regarde les immeubles, les échoppes et les rares noctambules passaient à la fenêtre, trop vite pour que je puisse réellement noter quoi que ce soit d'intéressant qui m'absorberait mais trop lentement pour que j'ignore leurs présences. Je reste donc un long moment à observer ce spectacle sans un mot, plongée dans mes pensées. Des pensées envieuses comme à mon habitude.

Je me détournais après quelques secondes de mes pensées pour regarder ma camarade de chambre qui semblait lutter contre le sommeil comme elle le pouvait. De mon côté, je n'avais aucune envie de dormir, je dormirais sûrement dans l'avion après tout. J'observais ma camarade qui semblait lutter de toutes ses forces contre le sommeil. J'avais envie de me détacher et de venir m'assurer de la qualité de son sommeil voire de venir l'amener contre moi mais je savais que je ne pouvais pas, aussi bien par respect des sentiments de Naomi que pour ne pas éveiller les soupçons de sa Maman. La frustration était présente au creux de moi mais je ne pouvais faire autrement.

Au fond de moi, je sais que je ne devrais me montrer si attentive et aimante envers elle : je ne fais qu'alimenter l'amour que je lui porte et donc sa culpabilité par le même procédé. Je ne veux clairement pas peser plus encore sur son cœur , je pèse déjà suffisamment lourd au quotidien sur sa vie et ses décisions mais je ne peux m'empêcher de veiller sur elle. J'espère qu'au fond d'elle, elle sait que je ne cherche en rien à la faire souffrir ou à corrompre ses sentiments à l'égard de l'autre idiot. Je ne cherchais qu'à me montrer à la hauteur de ma promesse intime de toujours l'aimer plus que quiconque, de toujours la combler sentimentalement. Une promesse que je m'étais faite à moi-même.

Il ne fallut que peu de temps pour que la demoiselle semble s'endormir. Ce n'était pas la première fois que Naomi s'endormait en une fraction de seconde, même si c'était plutôt rare en soit, et je trouvais toujours aussi chou sa façon de dormir si paisible et adorable. Je ne pus réprimer un sourire en regardant son visage angélique dans les bras de Morphée.

-"Votre fille s'endort toujours aussi vite ?." dis-je en souriant à Tamara.

Je n'attendais pas de réponse de la mère de famille avant de continuer, profitant de l'occasion pour en apprendre un peu plus sur Naomi.

-"D'ailleurs Madame si ce n'est pas indiscret, Naomi était comment quand elle était petite?"

Je dois dire que j'avais déjà essayé de me figurer la demoiselle dans ses jeunes années sans jamais vraiment y parvenir. Était-elle une casse-cou invétérée? Une enfant sage et obéissante? Une terreur de la cours de récré? Chacune de mes hypothèses était plausible de part la personnalité aux milles facettes de ma chère et tendre, et si je ne pouvais envisager de passer ma vie auprès d'elle, je voulais en savoir le plus possible sur elle. Je serais la meilleure amie possible pour qu'elle soit heureuse, lorsque mes sentiments ne prendraient pas le dessus.






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Martel Ed'Ruecus
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Jeu 31 Aoû - 14:13
Tamara Lawford
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Rentrer au Canada, même pour cinq jours. Je sais quel effet ça doit lui faire : Naomi y a vécu quasiment toute sa vie, et c'est là qu'elle a le plus de souvenirs – sûrement ses plus beaux souvenirs, ou au moins ses souvenirs d'enfance. Je mentirais si je disais que je ne m'inquiète pas pour elle. Ottawa, c'est aussi la ville qui a été le théâtre de l'une de ses pires expériences, et du jugement raté qui a suivi. Elle a l'air plus heureuse qu'inquiète, cela dit. J'imagine que la présence de Melody n'y est pas pour rien.

Erik – et Martel aussi, mais dans une moindre mesure – m'a vaguement expliqué que certaines rumeurs circulaient sur elles. Des rumeurs qui, pour une fois, sont loin d'être aussi négatives que celles qui tournent sur internet mais, à bien regarder, je n'arrive pas à démêler le vrai du faux. Naomi ne m'a jamais caché ses histoires sentimentales, principalement parce qu'elle ne sait pas mentir, et imaginer qu'elle ferait passer Melody pour une amie si elle ne l'était pas me semble improbable. Sans compter ce garçon qu'elle m'a plus ou moins présenté cet été comme son petit ami.
Ça ne fait que me conforter dans ma décision d'arrêter de se mêler de ses histoires de cœur. C'est toujours trop compliqué.

J'esquisse un petit sourire en voyant Nao retirer le manteau. Elle n'aura pas tenu cinq secondes, mais je suis quand même surprise qu'elle ait été aussi... hm... délicate avec sa façon de le refuser. Si elles sont aussi proches en temps normal, je comprends les rumeurs : ce genre de choses va vite dans un lycée, et Indarë doit avoir son lot de rumeurs glauques qu'il faut bien contrebalancer de temps en temps par une histoire d'amour.
Ou alors c'est parce qu'elle est fatiguée. Une Naomi fatiguée, ça perd très vite son tranchant. Et c'est pas plus mal.

- Votre fille s'endort toujours aussi vite ?

Oh, elle dort ? Ça sent la nuit blanche à plein nez. Naomi qui s'endort dans une voiture, surtout aussi vite, ça ne peut être que ça.

- Tu partages une chambre avec elle depuis longtemps, je pense que tu te doutes bien que non, dis-je avec un sourire.

Naomi est une vraie pile. Un enfer à gérer quand j'avais dix-sept ans et que j'étais seule, après avoir refusé l'aide envahissante de mes parents. Heureusement que Martel a pu me filer un coup de main quand elle était bébé, parce que je sais pas si j'aurais eu l'énergie de gérer une hyperactive toute seule. Elle doit tenir ça de son père, il ne tenait pas en place non plus.
Je suis bien placée pour savoir que ça fait son effet auprès des gens, cet enthousiasme constant. Sauf que j'ai vu le revers de la médaille avec les crises d'ennui de ma fille.

- D'ailleurs Madame si ce n'est pas indiscret, Naomi était comment quand elle était petite ?
- Infernale.

C'est le premier mot qui me vient à l'esprit, même si je l'ai dit sur un ton plus amusé qu'autre chose. Elle n'était pas si infernale que ça, mais à certains moments on n'en était pas loin.

- Disons qu'élever seule une petite hyperactive insomniaque a son lot d'inconvénients mais bon, son sourire a toujours réparé un peu trop facilement ses bêtises.

Je passe une main dans les cheveux de Nao avec un sourire. Impossible à réveiller une fois qu'elle dort : son cerveau fonctionne trop à plein régime quand elle est réveillée, il doit se mettre totalement hors service dès qu'elle plonge dans le sommeil. Heureusement, parce que je sais que je parle trop et je sens qu'elle aurait fini par me dire de me taire et d'arrêter de raconter ma vie – en l'occurrence la sienne – à tout le monde. Quoique... "elle n'a plus douze ans", parait-il.
Mouais, ça m'étonnerait que son insolence ait disparu juste parce qu'elle est censée être "adulte" maintenant.

- Je devais l'inscrire dans tous les clubs de sports possibles et imaginables pour qu'elle tienne en place plus d'une minute, mais bon c'est Naomi... elle se lasse de tout. Je désespérais de lui trouver une activité qui l'intéresse plus de deux mois quand quelqu'un a eu la bonne idée de la mettre devant une caméra.

Sur une scène de théâtre, en fait, mais c'est à peu près la même chose. Ça fait un drôle d'effet de se remémorer tout ça comme si c'était récent alors que ça fait déjà quatre ans. Et en même temps, cette passion qu'elle a depuis seulement quatre ans, j'ai l'impression qu'elle a toujours été là, et j'ai du mal à dissocier l'image de ma Naomi de celle de la Naomi qui apprend son rôle avec un intérêt hallucinant. Elle qui n'arrivait jamais à se concentrer plus de cinq minutes sur ses devoirs. C'est fou ce qu'une passion peut avoir comme effet sur une enfant.
Une enfant qui n'en est plus une et qui part presque une semaine de l'autre côté de l'océan... Ça passe aussi vite qu'on me l'avait dit et répété.

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Melody Williams
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Jeu 31 Aoû - 15:08
An ocean away

ft Naomi

ft Naomi


Une aventure commence entre elle et moi


- Infernale.

Je ne pus m'empêcher de réprimer un sourire en entendant le qualificatif utilisé par la mère de ma chère et tendre. Au fond de moi , je m'y attendais. Naomi a toujours été "speed"et difficile à canaliser. Rien qui ne puisse décourager mon envie de faire au mieux avec elle, bien sûr mais cela devait être assez difficile de l'élever au quotidien. J'adressais un sourire réconfortant à la mère de famille avant d'écouter la suite de son récit.

- Disons qu'élever seule une petite hyperactive insomniaque a son lot d'inconvénients mais bon, son sourire a toujours réparé un peu trop facilement ses bêtises.

Il est vrai que j'avais presque oublié qu'elle ne connaissait pas son père et que sa seule vraie famille avait toujours été sa mère. Tout ce que représentait Naomi pour moi, je le devais à Tamara. Son sourire , oui. Son sourire avait couvert ses caprices du temps de sa mère mais désormais il couvrait toutes les souffrances que j'endurais chaque jour afin de me tenir auprès d'elle. Un seul de ces derniers suffisaient à me faire oublier les milles et une lamentations qui agitaient mon sommeil lorsque le silence se faisait trop lourd, lorsque la solitude éteignait ma voix. Son sourire avait même donné naissance à cette même voix, une voix qui avait fendu les difficultés pour finir par l'atteindre dans une nuit qui restait le seul souvenir heureux que je parvenais à me remémorer, que je chérissais au fond de mon cœur, cette unique éclat d'espoir, lorsque l'air semble me manquer, oppressée par les ténèbres de mes nuits solitaires. Les nuits où je restais suspendue à sa respiration calme en me disant qu'aussi longue soit la traversée du désert , ma vie garde un sens tant que je prends soin de cette fragile petit être endormi. Ce même être qui me blesse chaque jour pour me reconstruire d'un sourire, d'un regard. Oui Naomi avait toujours su effacée ses erreurs d'un sourire et si un jour, nous venions à enfin nous atteindre, liées nos vies, comme nos mains, je suis certaine qu'il lui suffira d'une parole pour détruire le cocon de givre qui aura fini par entourer mon cœur. Un sourire effacé vint se tracer sur mes lèvres tandis que je regardais la petite blondinette endormie avant d'écouter la suite.

- Je devais l'inscrire dans tous les clubs de sports possibles et imaginables pour qu'elle tienne en place plus d'une minute, mais bon c'est Naomi... elle se lasse de tout. Je désespérais de lui trouver une activité qui l'intéresse plus de deux mois quand quelqu'un a eu la bonne idée de la mettre devant une caméra.

Rien de ce que m'énonçait la mère de Naomi ne parvenait à me surprendre. J'avais lu tout ça entre les lignes des diverses évocations de ma camarade. J'avais su comprendre que le métier de la jeune femme était une sorte de catharsis pour elle, une façon de dépenser son énergie mais aussi une véritable passion. , contrairement à moi. J'aimais le mannequinat et j'y avais pris suffisamment goût pour avoir pris à cœur mes shootings, mes défilés et toute la promotion autour de ma carrière cependant je n'avais été amenée à cette destinée que par un concours de circonstances. J'étais la bonne personne au bon endroit, au bon moment. Je repensais , par exemple, à une jeune mannequin que j'avais encouragée et guidée lors de ses débuts, "Ruby" je crois, qui vouait une véritable passion au métier. Pour ma part, je n'aurais pas choisi cette voie si elle ne s'était pas présenté à moi. Je n'aurais ainsi pas connu mon unique passion : Naomi. J'aurais sûrement vécu une vie somme toute banale. J'aurais œuvré dans l'art ou la musique, à moins que mes compétences de jeu m'eusse permis de vivre de cela.
Je ne sais pas. Je ne compte pas présumer de ce futur depuis longtemps derrière moi. A quoi bon?

-"Madame si je peux me permettre.." entamais-je alors à destination de la clone adulte de ma dulcinée.

Je marquais une pause essayant de délivrer et d'organiser mon propos sans laisser poindre les émotions qui les motivaient de manière sous-jacente. Il était assez évident que la mère de Naomi n'était pas au courant des affaires de cœurs nous concernant et la mettre au courant, même par inadvertance, me poserait problème. Je pesais donc chacun de mes mots avant de m'adresser à elle.

-"Madame je dois dire, aussi idiot que cela puisse paraître que vous avez un travail admirable et que je dois énormément à votre fille, plus que vous ne pourriez imaginer.. je sais que le sourire de votre fille peut effacer bien des choses, elle vous a déjà expliqué que nous nous sommes connues car elle avait pris mon casque sans permission?" dis-je en riant tout en replaçant une mèche de cheveux.

Voilà encore quelque chose que son sourire avait su pardonner. Je regardais au dehors l'autoroute qui défilait à ma vitre avec toujours le même sourire aux lèvres. Son sourire n'effacera jamais ce souvenir et ce voyage en amènera encore des nouveaux que rien ne pourra m'enlever. L'avion est proche mais le voyage ne fait que commencer. Et notre aventure à elle et moi ne fait que commencer.






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Martel Ed'Ruecus
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Jeu 14 Sep - 0:54
Tamara Lawford
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An ocean away
ft Melody/Naomi
Je parle trop. C'est ce que Naomi me répète en permanence depuis qu'elle est en âge de parler moins que moi – ce qui est moins récent que ce qu'on pourrait croire, venant d'une enfant qui a mis des années à faire la différence entre les pensées et les paroles. La première fois, ça devait être en primaire, quand j'ai exposé sa dyslexie à un de ses professeurs et qu'elle a été assez vexée pour me faire la tête pendant deux semaines – deux longues semaines qui se sont conclues par la réalisation que ses pensées allaient encore plus vite quand elle les gardait pour elle.
Même si bon, elle n'en garde qu'une partie pour elle et ne se prive pas pour balancer leur quatre vérités aux gens quand ça lui chante.

Peut-être qu'elle a raison, en fin de compte, ou alors Melody est comme elle et préfère répondre aux gens en pensées qu'en paroles, mais du coup j'ai l'impression de parler toute seule et, finalement, un peu, de parler trop. Son père me l'avait reproché une fois, aussi, mais il avait changé d'avis quand j'avais décidé de ne plus parler du tout – il faut bien qu'elle tienne son côté borné de quelqu'un. En l'occurrence, de nous deux, quand j'y pense. Et de Martel. Avec cet entourage, ça m'aurait surprise d'avoir une gamine qui sait garder ses opinions pour elle.

Alors que j'essayais de trouver une façon de m'excuser pour parler autant (plus ou moins, parce que excuse n'est pas le bon terme), elle a finalement ouvert la bouche. Pas vraiment pour me répondre, plutôt pour me complimenter. Enfin... quelque chose comme ça. Je suppose que c'est un compliment, mais je n'ai jamais été très douée pour repérer ces choses-là. Travail admirable, ça doit en être un quand même, non ?
Est-ce que j'ai vraiment fait grand chose pour Naomi ? J'ai surtout l'impression qu'elle a fait son éducation toute seule et que je me suis contentée de hocher la tête ou de paniquer dans mon coin à chacune de ses décisions.

- Elle vous a déjà expliqué que nous nous sommes connues car elle avait pris mon casque sans permission ?
- Ça ne m'étonne même pas.

Sourire. Naomi est irrécupérable. Je suis persuadée qu'elle lui a emprunté en se disant qu'elle lui rendrait le soir et que personne ne remarquerait rien. Et que Melody a remarqué, évidemment. Mais bon, elle a toujours été du genre avec d'abord et demander l'autorisation après – heureusement qu'elle a appris assez tôt à contrôler sa colère, parce que si elle avait eu la même attitude avec ses poings elle ne serait peut-être pas du même côté d'Indarë.

- J'imagine qu'elle n'a eu qu'un sourire et un air innocent en réponse. Ou un "j'allais te le rendre, hein !". Quelque chose comme ça.

Elle a toujours fonctionné de cette manière. Des excuses presque trop honnêtes, un air innocent à faire fondre et pouf, tout est pardonné. Extrêmement frustrant quand on s'était préparée à lui passer un savon, extrêmement pratique pour elle, évidemment. Dommage que ça n'ait pas marché pour tout. Il doit bien y avoir une ou deux personnes à Ottawa qui lui en veulent pour des histoires dont elle ne m'a pas spécialement tenue informée.
Elle dit toujours la vérité, mais encore faut-il avoir la bonne question. Comme j'évite de trop me mêler de sa vie, je n'en pose pas assez pour tout connaître de sa vie privée. Et tant mieux, parce que ça a déjà l'air assez compliqué sans que je m'en mêle.

On approche de l'aéroport et je jette un œil du côté de ma dormeuse. Toujours profondément plongée dans ses rêves – à l'en croire, plutôt un sommeil sans rêves, en fait – et il n'y a pas trente-six manières de l'en sortir. Ou plutôt : il y en a plusieurs, mais aucune qui soit aussi rapide et radicale, parce que si elle met trois heures à émerger on est pas sorties. Je préviens donc rapidement Melody de ce que je vais faire en arrivant sur le parking, avant de freiner brusquement une fois arrivée dans la place.
Ça la réveille à chaque fois – et ça n'a pas manqué cette fois non plus.

- … T'as pas... moins violent comme réveil ?..
- Pas si tu veux que ça aille vite.

Elle me retourne un de ses regard indéchiffrables – colère ou ennui, je ne sais jamais. Mais je doute qu'elle soit vraiment en colère de toute manière. Je coupe le contact et lui fait signe de la tête pour qu'elle sorte de la voiture avant d'aller ouvrir la portière arrière à son amie, puis le coffre pour sortir leurs valises. Je ne pourrais pas rester plus longtemps, juste le temps de leur dire au-revoir et de leur souhaiter un bon voyage. Le parking de l'aéroport coûte cher, et je pense que je serais de trop, de toute façon.
J'ai été ado aussi, et je sais qu'on a pas toujours envie de se coltiner sa mère quand on est seule avec sa meilleure amie.
Je les regarde donc s'éloigner avec un sourire avant de reprendre ma voiture et de repartir, direction Dartford. Et surtout, mon lit, parce que se lever aussi tôt pour s'assurer que sa fille arrive à bon port et ne paye pas des frais de parking, ça épuise.

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Melody Williams
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Mer 18 Oct - 8:10
An ocean away

ft Naomi

ft Naomi


Un sourire et un regard..


La mère de Naomi avait visé juste, preuve en est-il qu'elle connaissait très bien sa progéniture. Il avait suffi d'un sourire et d'une vague excuse pour que j'en vienne à me confier. Spontanément. Que je brise le mur de silence qui m'entourait depuis lors. Bien sûr, je n'étais pas tombée amoureuse aussi simplement que ça. J'avais beau être légèrement fleur bleue, je n'en étais pas moins prudente et mesurée sur les choses du cœur. Enfin je l'étais avant qu'elle ne perturbe mon univers. Mon regard se posa sur la blondinette endormie, un sourire se formant dès lors aux coins de mes lèvres.

Oui j'avais péché par excès une première fois avec John et Katie, cependant cette fois c'était différent. J'avais pour la première fois l'impression de me sentir comprise ou du moins que quelqu'un essaye enfin de m'atteindre. Pour Naomi, ça avait été avec succès. Elle m'avait écouté, elle m'avait regardé, regardé au plus profond de moi ,sans même s'en rendre compte je pense et elle m'avait conquise. Rien de plus simple. Je péchais désormais par excès : je l'aimais sûrement trop pour l'aimer bien, je l'aimais sûrement trop pour qu'elle puisse un jour me rendre la pareille. Cette pensée me rendit un peu triste et apaisa en même temps une douleur lancinante qui m'animait depuis le début de l'été. Apaiser pour un moment seulement je présume mais.. je pouvais enfin me dire que c'était par amour qu'elle refusait le mien. Illusion ou pas ça me suffisait.

Je suis alors tirée de mon introspection par un avertissement de Tamara avant qu'elle n'accomplisse son plan : réveiller Naomi en freinant brusquement. Je dois dire que si on m'avait demandée mon avis et que j'avais pu faire ce que je voulais sans éveiller des questions gênantes, j'aurais opté pour une autre manière. Une manière qui m'aurait arrangé qui plus est. J'imaginais sans trop de difficulté la réaction de Naomi à une telle solution et je ne pouvais alors m'empêcher de sourire bêtement. Mêmes dans mes rêves éveillés je la trouvais des plus parfaites.

- … T'as pas... moins violent comme réveil ?..

On dirait qu'elle n'a pas apprécié mais qu'importe. Je préfère rester hors de la conversation en observant le parking par la fenêtre. C'est fou ce qu'il peut y avoir comme voitures d'origines différentes. Je détaille chaque immatriculation par ennui en attendant que mère et fille ne finisse leur petit échange. De toute manière, je ne pourrais être objective et je sais aussi pertinemment que si j'avais dû la réveiller, j'aurais essuyé le même genre de remarque ou un silence gêné.

Après quelques instants, la conversation s'estompa. Je sortais de la voiture avant de m'emparer de ma valise. Nous allions pouvoir nous mettre en route vers le quai d'embarquement et ensuite vers une terre qui m'était inconnue, une partie de la vie de Naomi dont je ne savais que trop peu, un endroit que j'avais essayé d'imaginer quelquefois, sans succès. J'adressais un signe à la mère de ma dulcinée en la voyant rentrer de nouveau dans sa voiture. Nous étions désormais seules, elle et moi.

-"Ta maman est adorable, bon même si je n'étais pas trop de son avis pour la manière de te réveiller.." dis-je en souriant, hilare intérieurement.

Inutile de dire comment je l'aurais réveillée. Je suis certaine que le tableau apparaît déjà dans son esprit et pas besoin d'amplifier un léger malaise qui pourrait déjà naître, aussi, j'enchaînais de suite.

-"Ça ne te fait pas bizarre de revenir après autant de temps?" fis-je en avançant avec elle, la valise à mes trousses.

La question n'était pas anodine. J'avais encore bon souvenir de mon propre retour aux sources en sa compagnie et je me demandais si il était de même pour elle, si elle y avait déjà repensée seulement. J'écartais de mon esprit cette interrogation afin de me consacrer à l'écoute de sa réponse et notre voyage à venir.





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Naomi Lawford
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Dim 22 Oct - 12:23

08 Août
2017
An ocean away
Day One

Melody Williams
Naomi Lawford

Ma mère et sa façon délicate de réveiller les gens. Ça me manque, limite, l'époque où elle me réveillait en douceur - bon, en même temps, ça marchait pas, je suis pas le genre de fille qu'on peut réveiller avec un câlin. Si j'avais été la belle aux bois dormant, il aurait bien fallu un siècle de plus pour me réveillé et le prince serait mort de vieillesse.  Je soupire en levant les yeux au ciel. Ouais, elle a raison, si je veux que ça aille vite c'est mieux comme réveil, et ça m'aurait soûlé de rater l'avion parce que je restée endormie dans la voiture comme une nouille.
Va dormir, maman. Désolée de t'avoir épuisée toute ma vie et aujourd'hui encore.

- Ta maman est adorable, bon même si je n'étais pas trop de son avis pour la manière de te réveiller.

Je hausse les épaules. On s'habitue, je sais pas ce qui est le pire entre le freinage brusque ou le téléphone qui me crie dans les oreilles - littéralement en plus vu que je mets des écouteurs pour pas faire hurler les gens qui dorment dans la même pièce que moi ou dans les pièces d'à côté. Ouais, surtout quand ça suffit même pas à me réveillé et qu'il continue de s'égosiller pendant cinq minutes jusqu'à ce que quelqu'un me pousse par terre pour que je réagisse.
Je rigole mais Gloria m'a déjà fait le coup, quand on était allées tourner à Vancouver et qu'elle partageait ma chambre. Le lendemain d'une des soirées qu'elle aime tellement organiser, en plus.

- Ça ne te fait pas bizarre de revenir après autant de temps ?

Bizarre ? Je lève la tête vers le ciel un petit moment, regardant les nuages gris qui luttent pour dissimuler les étoiles. Un ciel nocturne qui va devenir bleu, ou gris, selon la persévérance de ces nuages. Le ciel bleu vif de l'été d'Ottawa me manque, autant que le ciel blanc comme le sol en hiver. Est-ce que ça fait si longtemps que je suis partie ? J'ai l'impression que c'était hier, et que ça fait une éternité. J'ai envie de remettre les pieds dans cette ville, de ne plus jamais en repartir, mais beaucoup de choses s'efforcent maintenant de me raccrocher à Londres.
A commencer par celle qui marche à côté de moi en ce moment.

- Je sais pas... J'ai pas l'impression d'être partie si longtemps. Et puis ça sera toujours chez moi, je ne pourrais pas m'y sentir bizarre.

Comme on dit "chez soi, ce n'est pas un endroit mais un sentiment". Ottawa c'est chez moi. Être avec ma mère, avec Melo, avec mes amis d'Ottawa, c'est chez moi. Londres peut-être aussi. Il y a autant de chez soi que de lieux et de personnes importantes dans une vie.
Je pars en trip philosophique, tiens. Je suis devenue douée pour ça depuis que j'ai passé mes examens de fin d'année, visiblement - ou depuis les cours d'été, vachement plus intéressants bizarrement. Dommage que ça ait pas commencé quand j'étais encore au lycée, ça aurait été un tantinet plus utile.

Les portes de l'aéroport finissent par apparaître, facile à rejoindre en quelques pas. Traverser la route - en forçant à moitié le passage comme à mon habitude - rejoindre le bureau d'accueil, faire mesurer et peser la petite valise que j'ai embarquée et qui passe sans soucis en bagage de cabine. J'attends que Melo ait passé la sienne avant qu'on aille passer les douanes en attendant l'arrivée et le décollage. L'avantage des aéroports de capitale, c'est qu'on a limite une galerie commerciale pour passer le temps. Bon, la place dans ma valise et dans mon sac à main (enfin à dos, ais j'ai fait passer ça comme un sac à main) est limitée donc je pourrais pas dévaliser la moitié des magasins, mais c'est toujours plus intéressant que de rester assises à fixer l'heure en attendant de partir.

- On a... (je consulte ma montre vite fait) deux heures à tuer avant le décollage. Je pense qu'on va trouver de quoi s'occuper, avec tout ça. Tu veux prendre un petit-dej avant ?

Bon, c'est sûr qu'à quatre heures et demi il est super tôt pour manger, mais bon il est aussi super tôt pour être levées, et j'ai un peu faim, en fait. Autant profiter de cette chose magique qu'est l'absence de taxe pour manger moins cher, et sûrement meilleur que dans l'avion.
© Naomi
paroles en #006600




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Melody Williams
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Dim 22 Oct - 13:47
An ocean away

ft Naomi

ft Naomi


Invisible à tes yeux
- Je sais pas... J'ai pas l'impression d'être partie si longtemps. Et puis ça sera toujours chez moi, je ne pourrais pas m'y sentir bizarre.

Je lève les yeux légèrement comme pour suivre son regard et mon regard s'égare un instant dans le ciel nuageux. Je saisissais à moitié ce que pouvait dire Naomi. Sur ce point nous étions diamétralement différentes. Mon chez moi s'était dérobé à moi. Je n'en avais plus vraiment. La seule place où je me sentais bien, complète, pleine c'était ici, avec elle. Est-ce que les événements avaient détruits ce lieu si cher à mon cœur? Ce havre de paix où j'aurais pu me reposer. Désormais, je me sentais bizarre là où j'aurais dû pouvoir me ressourcer. Je soupirais légèrement afin de ne pas inquiéter ma compagne et je l'accompagnais dans l'aéroport en me faufilant entre les divers passagers qui attendaient. Certes, ils n'étaient pas si nombreux mais je ne pouvais pas compter sur mon petit comité de sécurité personnelle qui m’accompagnait d'accoutumée pour me frayer un chemin parmi la foule. Une chose qui ne me manque pas pour une fois. Enfin tant que personne ne venait s'attrouper autour d'une actrice et d'une mannequin/ joueuse professionnelle en voyage pour quérir un autographe. Heureusement rien de cela ne vint perturber notre enregistrement ainsi que celui des bagages.

Une fois toutes les étapes de l'enregistrement terminées, je continuais de suivre Naomi sans un mot en attendant de connaître la marge à suivre. Que pouvions-nous faire en attendant de s'envoler vers le Canada? Je n'eus pas spécialement à attendre pour avoir une ébauche de la suite des événements.

- On a... deux heures à tuer avant le décollage. Je pense qu'on va trouver de quoi s'occuper, avec tout ça. Tu veux prendre un petit-dej avant ?

Je hochais de la tête sans trop de conviction. Naomi savait très bien que je ne mangeais jamais rien le matin sauf si j'étais épuisée de la veille. Je ne me refusais jamais à un petit thé - si tant est que mon thé favori fasse partie de la carte de l'établissement - pour commencer la journée mais rien de solide et surtout pas de café. Au fond de moi, je savais que si Naomi évoquait un petit-déjeuner c'est que la faim la tenaillait. Je ne peux rien lui refuser et donc j'acceptais poliment.

En quelques instants, nous étions attablés à un petit café, seules, je faisais face à mon thé Earl Grey tandis que ma partenaire profitait de son repas du matin avec un certain entrain. Je me saisissais de ma tasse avec délicatesse et trempait mes lèvres dans le liquide cuivré, mon regard posé sur la demoiselle, mes pensées lointaines. Je contemplais ce petit minois de mes yeux nacarats, par dessus le couvert de ma tasse et le rideau de mes cheveux, qui faisait battre mon cœur plus vite et absorbait chaque parcelle de douceur en moi pour se l'approprier. Je rêvais, éveillée, de pouvoir glisser mes doigts sur sa joue et faire tomber les miettes qui encombraient le coin de ses lèvres avec un petit sourire. Certes, c'était à ma portée. Certes, elle ne me frapperait pas pour si peu mais je savais aussi que le silence qui s'en suivrait couvrirait le tumulte voisin au point de rendre mon cœur fou. Comme si il se trouvait enfermée dans une cellule capitonnée, coupé de toute chaleur. Elle était si proche et si lointaine. Un peu comme le goût sucrée de ses lèvres que j'arrivais à faire revivre dans mes réminiscences à grand renfort de concentration. Tiens d'ailleurs, c'était peut-être le moment pour lui parler, la remercier, lui dire que je suis contente d'être l'élue de ce voyage.

-"Naomi merci de me permettre de t'accompagner, tu sais que c'est important pour moi..." dis-je avec un petit sourire.

J'espérais juste sincèrement qu'elle n’interpréterait pas mes paroles autrement que ce qu'elle voulait dire. Elle et moi, ça n'était qu'un joli rêve dans une vie cauchemardesque et même si je m'y raccrochait corps et âme, je ne voulais pas perdre mon amie de part ce fait. Après tout, aussi lumineux soit l'espoir, cette même lumière ne me ferait jamais sortir des ombres et apparaître à ses yeux. Je resterais toujours invisible à ses yeux, mes sentiments resteront invisibles à son cœur. Si je pouvais émettre un vœu c'est de lui apparaître un jour.





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Naomi Lawford
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Dim 22 Oct - 16:57

08 Août
2017
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Melody Williams
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C'est vrai que Melody ne mange jamais le matin. J'ai tendance à oublier - oui, je sais, mais déjà j'oublie pas son anniversaire alors que j'oublie même le mien, c'est déjà pas mal. Après vu qu'on a pas dormi de la nuit, je sais pas si on peut tant que ça considérer qu'on est "le matin".
Ça m'empêche pas de prendre un petit-déj, une tarte aux fraises pour être exacte, et ça m'empêchera pas non plus de me prendre des pancakes à Ottawa ou un muffin avec une limonade glacée dans le premier Tim Hortons qu'on croise. Ça m'a trop manqué pour que ça soit pas un passage obligé. Enfin bon, elle a pris un thé, ça m'évitera de manger toute seule face à elle. Je déteste faire ça, j'ai toujours l'impression de faire du bruit ou d'avoir l'air de me goinfrer quand je vois pas quelqu'un manger en même temps que moi. Boire, ça passe aussi, ça m'enlève au moins la sensation de lui faire perdre son temps.

Je la vois fixer mes lèvres et même si j'ai une petite idée - ok, une idée à peu près claire - de ce à quoi elle peut bien penser, je ne peux pas retenir le réflexe du "mince j'ai quelque chose de disgracieux sur la bouche" qui me fait m'essuyer les lèvres. Avec ma main, parce qu'il y a qu'une serviette et je veux pas la gâcher pour si peu, surtout que j'ai sûrement rien sur la bouche.

- Naomi merci de me permettre de t'accompagner, tu sais que c'est important pour moi...

Je hoche la tête le temps de finir le bout de tarte que je viens de croquer et de la reposer dans mon assiette. C'est un peu dur de gérer la mélancolie de Melo, c'est aussi pour ça que je l'ai emmenée avec moi : pour qu'on s'amuse ensemble, pour qu'on profite du temps qu'on passe toutes les deux, peut-être pour qu'elle comprendre que l'amitié est un sentiment mille fois supérieur à l'amour de mon point de vue. Point de vue anormal, certes, mais bon c'est pas la première fois que je fais des choses bizarres.

- C'est normal. Tu fais partie de ma vie et tu m'as laissée entrer dans ton passé, j'ai aucune raison de pas te laisser faire pareil.

Je ne sais pas si elle se rend compte à quel point ça tient de la confiance. A Ottawa il y a mes amis, mais il y a aussi des gens qui ne m'apprécient pas. Grace, que j'espère ne pas revoir, Arthur même s'il affirme qu'il ne m'en veut pas, Neil parce que... parce que si Melo le croise il va sûrement se faire arracher quelques membres. Façon de parler... tant qu'il s'approche pas trop près.
Après tout, si son ex s'approchait d'elle, je lui arracherais sûrement quelque chose, moi aussi. Ça s'appelle soutenir ses proches.

- Et puis ça nous donnera une occasion de passer du temps ensemble, loin de tous nos problèmes.

Pour elle Jack, indirectement Erik même si elle n'est pas au courant et que je n'ai jamais rien dit ou montré devant elle à ce sujet, Gina pour nous deux et son nouveau mec encore plus con qu'elle, et puis tant d'autres personnes qui jouent tellement des rumeurs, des yeux doux ou des harcèlements qu'on a besoin d'être au bout du monde pour s'en libérer. Pour moi, loin de Londres comme quand j'avais fui jusqu'au Japon pour prendre l'air, mais dans un environnement plus familier et plus protecteur. Pour elle, loin de Londres mais aussi loin de l'Ecosse, de ses mauvais souvenirs, avec moi pour garder, elle aussi, un côté familier et protecteur.
Une incursion dans mon passé et dans ma vie privée que je n'aurais pas autorisée à tout le monde... Le soucis c'est que, qu'elle en soit consciente ou non, ça ne garantit pas que la sensation qu'elle en retire soit positive. Bon, elle vient de m'affirmer que ça l'est, ou en tout cas que ça représente quelque chose.
La conclusion ? On l'aura dans cinq jours. Même si j'avoue que j'ai un peu peur de la réaction de Laura et de Gloria à toute cette histoire. Je vais leur en dire le moins possible, je crois...
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Melody Williams
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Dim 22 Oct - 18:10
An ocean away

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Remous


- C'est normal. Tu fais partie de ma vie et tu m'as laissée entrer dans ton passé, j'ai aucune raison de pas te laisser faire pareil.

J'esquissais un léger sourire à la remarque de ma compagne sans pour autant en être convaincue. Non ce n'est pas vraiment que je ne la croyais pas. Je savais que pour elle c'était normal. Que pour elle je comptais peut-être plus que quiconque. Que donc dans ce cas, il était normal de partager ce moment avec moi comme je l'avais fais mais nous avions deux approches diamétralement différentes. Comment dire cela? Disons que si j'avais eu le même sentiment qu'elle a envers moi, envers elle, je ne me serais pas sentie forcée de lui dévoiler ce pan de ma vie.. Si ça n'avait pas été elle qui avait pris mon casque et rayonner à mes yeux, je n'aurais pas su m'ouvrir autant à quelqu'un. Je crois même que je n'aurais jamais eu le courage et la gentillesse de Naomi. Par exemple, cette nuit où j'avais fini par lui livrer mon cœur sans rien espérer... j'avais de nombreuses fois, lorsqu' Hypnos faillissait à sa tâche, à m'emporter dans les affres des rêves, penser à cet instant et je ne trouvais qu'une conclusion : je n'aurais jamais su lui offrir autant qu'elle m'avait offert.

- Et puis ça nous donnera une occasion de passer du temps ensemble, loin de tous nos problèmes.

Je hochais de la tête, silencieuse tout en trempant mes lèvres dans le liquide cuivré pour me réchauffer. C'est fou ce qu'il faisait froid. Enfin c'est plutôt fou à quel point le nombre hallucinants de courants d'airs présents dans l'enceinte de l'aéroport. J'en grelottais malgré la sensation bouillante qui traversait ma gorge avant de s’épandre en chaque partie de moi. Je regardais,rêveuse, un couple passé non loin de nous, collés l'un à l'autre. Que donnerais-je pour qu'elle me prenne ainsi dans ses bras, pour que sa chaleur se mêle à la mienne et que les assauts mordants du froid disparaisse.

Je secouais légèrement la tête tout en reprenant une bonne gorgée de mon thé qui commençait à manquer avant de sourire à ma camarade et de reprendre un semblant de joie.

-"Je suis contente de passer du temps avec toi même si le Canada doit être le seul endroit sur cet Terre où je n'ai jamais posé les pieds.. je suis curieuse de voir à quoi ressemblait ta vie là bas, même si je dois avouer avoir peur d'être de trop..je voudrais pas que tes amis ne m'apprécient pas..."

C'était une véritable angoisse. Pas dévorante ou exagérée. Juste une angoisse insidieuse qui me tenaillait profondément sans faire parler d'elle pour faire grossir le stress du voyage. Enfin si les amis de Naomi sont aussi géniaux qu'elle, il ne devrait pas y avoir de problème. Je repris aussitôt ma conversation en réprimant mes grelottements.

-"Enfin tant que tu me sers de guide tout devrait aller parfaitement, au pire j'irais faire quelques boutiques pour te laisser un peu seule !"

C'était toujours une option.






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Naomi Lawford
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Lun 23 Oct - 12:28

08 Août
2017
An ocean away
Day One

Melody Williams
Naomi Lawford

- Je suis curieuse de voir à quoi ressemblait ta vie là bas, même si je dois avouer avoir peur d'être de trop..je voudrais pas que tes amis ne m'apprécient pas...

Comme si c'était possible. Telle que je les connais, il y a très peu de chances que ça arrive. C'est plus de l'inverse que j'ai peur, ils savent être pot de colle quand ils veulent. Gloria serait même capable de lui mettre le grappin dessus vu qu'elle a l'air de faire une fixette sur les cheveux roses, et Laura va sûrement jouer les grandes sœurs comme elle sait si bien le faire, surtout avec ceux qui vont mal. Moi ça m'a exaspéré, j'ai dû batailler pour la convaincre d'arrêter de me traiter comme si j'allais m'effondrer pendant tout mon procès. Melody je sais pas. Je sais qu'elle n'aimerait pas que je la traite différemment après ce qu'elle m'a avoué, quant à savoir comment elle réagirait à ce côté protecteur teinté de pitié...

- T'inquiète pas. Ceux qui risquent de ne pas t'aimer sont aussi ceux qui ne m'aiment pas, on ne devrait pas les croiser.

Ou pas trop. Et de toute façon comme je ne traînerai pas avec eux, à moins qu'elle me perde dans une foule, elle n'aura pas à les supporter. Hors de question que je la laisse seule avec Grace qui ferait tout son possible pour la retourner contre moi - même si je sais qu'elle a aucun chance de réussir - ou avec Neil. Parce que Neil est un enfoiré de première et qu'il serait capable de l'utiliser pour attirer mon attention.

- Enfin tant que tu me sers de guide tout devrait aller parfaitement, au pire j'irais faire quelques boutiques pour te laisser un peu seule !
- Pas la peine. On va rester toutes les deux.

Me laisser seule... En cinq jours dans une ville pareille, aussi grande pour quelqu'un qui ne la connait pas - et même pour moi - et avec les tournages en plus qui vont me prendre une partie de mon temps, je n'ai pas vraiment envie qu'elle se retrouve seule. Bon, évidemment, si elle veut s'occuper pendant que je joue les quelques scènes qui vont me faire réapparaître dans la série, je ne lui interdirait pas de partir, mais le reste du temps je veux le passer avec elle, c'est pas pour qu'elle erre seule dans les boutiques de la capitale que je l'ai invitée.

Parlant de boutiques, maintenant qu'on a fini ce petit-déjeuner, il est temps d'aller voir tout le fatras que nous propose l'aéroport. Vêtements, bonbons, livres, parfums, il y a de tout là-dedans. J'entraîne Melo avec moi dans certains et je la suis dans d'autres, sans acheter grand chose au final, juste pour tuer le temps. Deux heures, ça passe vite quand on discute de tout et de rien comme si on oubliait l'angoisse de me suivre au bout du monde pour l'une et la peur de la blesser pour l'autre. C'est juste deux heures dont je me souviendrais probablement pas, ou vite fait comme ça si on me parle de boutiques d'aéroport, jusqu'à ce que la voix finisse par annoncer le début de l'embarquement pour notre vol.
Même si le mien a été payé par la boîte de prod, j'ai réussi à m'arranger pour avoir un siège à côté de Melody. parce que sept heures d'avion sans elle ni personne à qui parler, ça aurait été franchement long. J'ai déjà donné quand je suis allée au Japon, et la dernière fois que j'ai pris un vol Ottawa-Londres, j'avais ma mère - même si j'étais pas toujours en état de parler avec toute cette histoire de procès perdu.

C'est la seule chose qui m'angoisse un peu à l'idée de rentrer. Je sais qu'il est en liberté dans les rues. Je ne sais pas si son obsession est toujours intacte, mais en théorie il joue toujours dans la série donc à moins que les réal aient un peu de considération pour moi, j'ai beaucoup de chances de le croiser. Alors évidemment j'aurais pas mal de gardes du corps autour de moi, vu que la plupart de ceux avec qui je m'entendais bien à l'époque l'ont toujours en travers de la gorge, cette histoire d'agression, et que Melody ne le laissera pas m'approcher, mais ça reste être à moins d'un océan d'écart avec lui. Même si c'est une grande ville, même si je ne le vois jamais pendant ces cinq jours. Qu'il n'essaye même pas de m'adresser la parole, s'il m'approche, je lui rappellerait le goût de mon spray au poivre ou la douceur de mon poing contre ses os.

Je m'adosse contre mon siège en tournant la tête vers Melo pour lui sourire. Toutes les annonces de sécurité ont été faites et si j'en crois notre billet et que l'avion part à l'heure, on devrait décoller dans deux ou trois minutes. Et j'ai déjà hâte d'être arrivée. Ça va être long.
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Melody Williams
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Lun 23 Oct - 22:15
An ocean away

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Ne me laisse pas seule dans le noir..

Le reste de la conversation finit par disparaître de mon esprit avec le flot interrompu des voyageurs et des passants. Il en fut de même pour les boutiques dans lesquels nous avions passés le temps restant avant l'embarquement. Mes souvenirs sont assez brumeux comme si je m'étais endormie, et que le sommeil avait dissipé les mots comme les pensées. Je dois dire que je me sentais un peu vaporeuse. Par manque de sommeil? Peut-être. Parce que je ne savais pas vraiment comment envisager ce voyage, entre angoisse et espoir. Peut-être bien. Qu'importe au fond.

Je m'installais au fond de mon siège aux côtés de la magnifique jeune fille, lui retournant son sourire avant de garder un instant mon regard sur ses traits fins pour la contempler. Les choses continuaient d'être vaporeuses dans mon esprit. Je ne pouvais m'empêcher de penser que les événements auraient pu être plus simple si nous n'étions pas si proches et si lointaines à la fois. Comment expliquer la frustration que je ressentais à chaque fois où je croisais son regard si lumineux. Il était pourtant évident que nous étions liées par un lien invisible, unique, puissant mais pourtant c'était comme si nous vivions dans deux mondes, deux univers intriquées mais séparés. Je me voyais condamnée à l'observer à travers ce miroir que je ne saurais traverser et qu'elle n'arriverait jamais à occulter pour me voir. Je soupirais légèrement à cette idée avant de poser ma tête contre le repose tête.

Je ne sais pas comment et pourquoi mais sans même m'en rendre compte, je finis par fermer les yeux et glisser petit à petit vers l'inconscience d'Hypnos et Morphée. J'aurais aimé passer ce voyage sans me rendre compte, d'un sommeil sans rêves, sans réminiscence mais il n'en fut guère le cas. Je ne dors jamais d'un sommeil sans culpabilité. Je ne suis jamais sans aucune culpabilité. C'est une raison de ma phobie de la nuit et de la solitude, si on omet ma peur du noir que je garde de l'enfance et si on omet ma peur du silence, imputable à mes séjours à l'hôpital dont le dernier en date qui m'avait marqué plus qu'un autre. Ainsi pour affronter les nuits où le sommeil ne daignait pas m'emporter, je passais la nuit à veiller sur ma dulcinée, caressant sa chevelure par moment ou je la passais à accompagner la longue course de l'astre lunaire avec ma mélancholie, offrant ainsi au tapis stellaire mes prières. Bref.

Durant ce voyage je fis un rêve. Un rêve que je faisais de plus en plus depuis peu. Un rêve qui se révélait plutôt être de l'ordre du cauchemar en soit. J'étais seule, nue dans les ténèbres, dans un silence de cathédrale au point même que le bruit de ma respiration et de mes pas feutrés étaient les seuls sons qui parvenaient à mon oreille. J'avais froid aussi. Oui je grelottais même. J'avançais alors dans ce no-man's land grâce à une lumière fantomatique, au loin, qui révélaient une silhouette de dos que je connaissais trop bien pour ignorer son identité. Je rêvais éveillée de cette silhouette et des longs cheveux blonds qui descendaient sur la nuque de cette dernière. Mes pas se faisaient donc plus rapide pour rejoindre Naomi jusqu'à ce que j'arrive à quelques mètres d'elle. Dès lors, la voix familière m'interrompait et la silhouette pivotait. Naomi m'observait alors un instant avant de changer d'expression : une vague de dédain et de dégoût venant entamer ses traits, aussitôt suivie de quelques mots qui venaient entailler mon cœur comme si chaque lettre qu'elle prononçait était un éclat de verre fiché dans ce dernier.

-"Ne m'approche pas.. tu me dégoûtes.. tu te prends pour qui.. Tu n'es qu'un monstre.. Laisse moi tranquille tu veux.."

Mes jambes cédaient alors tandis que son rire résonnait dans mon esprit, un rire moqueur qui s'effaçait à mesure que la lumière, déjà faible, s'estompait et que les ténèbres se resserraient sur moi. Je restais là, prostrée, incapable d'émettre un son jusqu'à ce que le vide vienne presque à engloutir chaque parcelle de ma peau blanche, de mes cheveux roses, de mon être même, c'est alors que ma voix finissait par s'élever, rapidement absorbé par les abysses. Tue à jamais.

J'ouvrais les yeux d'un coup, à demi consciente. Je parvenais rapidement à comprendre que c'était encore un rêve : j'avais, dans les légers soubresauts, de mon agonie illusoire, agrippée le bras de ma camarade et l'avait enserrée. Mes yeux nacarats croisèrent les siens et j'eus une immense envie de l'embrasser, égoïstement. Juste pour me rassurer. Pour dissiper chaque filin de souvenir qui se promenait encore dans mon esprit mais je n'en fis rien. Je me contentais de prononcer,suppliante à voix basse, presque implorante, les larmes aux yeux, prête à céder, les quelques mots que j'avais su exprimer dans mon songe avant de disparaître.

-"Ne me laisse pas seule dans le noir.."

Aussitôt je retombais dans les affres du sommeil.






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Naomi Lawford
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Sam 4 Nov - 23:07

08 Août
2017
An ocean away
Day One

Melody Williams
Naomi Lawford

J'aurais dû me douter qu'elle s'endormirait. Je veux dire, on vient de se faire une nuit blanche et elle a probablement passé tout le trajet en voiture réveillée, à parler avec ma mère – et ma mère parle beaucoup – donc ça n'a rien d'étonnant en soi qu'elle s'effondre. Mais bon, j'avoue que je ne m'attendais pas à ce qu'elle s'endorme si vite et que j'espère vraiment que ma réserve anti-ennui va tenir tout le vol. Je soupire en posant ma tête contre le dossier. Si seulement je pouvais m'endormir aussi, ou accélérer le temps pour me retrouver directement à Ottawa sans devoir attendre sept longues heures.

J'ai tenu... allez, cinq minutes avant de devoir à tout prix trouver de quoi m'occuper. Quelque chose pour calmer le flot continu de pensée et le fourmillement dans mes mains et mes jambes, mon envie subite de bouger. Je ne pouvais pas bouger et je devais combattre mon ennui avant qu'il ne m'entraîne dans une de mes phases de vides – trop désagréables pour que j'ai envie d'en vivre une maintenant. J'ai fini par attraper la psp que j'avais glissée au fond de mon sac pour jouer un peu, et j'étais scotchée à mon écran depuis vingt bonnes minutes avec la lassitude qui pointait le bout de son nez quand Melo m'a attrapée par le bras.

Elle dort – première réflexion. "Elle fait un cauchemar" fut la deuxième. Puis je vois qu'elle a les yeux ouverts, puis elle a parlé, et je comprends qu'elle s'est réveillée. Même l'espace d'une seconde. Même si mes deux réflexions sont sûrement vraies quand même.

- Ne me laisse pas seule dans le noir..

Melody a-t-elle peur du noir ? Je ne lui ai jamais posé la question. Mais ça ne peut être qu'un rêve : l'avion est éclairé comme en plein jour, même plus que ça. Je pose une main sur ses cheveux en caressant doucement sa tête.

- Ça ira, ce n'est qu'un cauchemar.

Mais elle s'est déjà rendormie et sa pression sur mon bras commence déjà à diminuer. Soupir. Je ne sais pas quel genre de cauchemar elle fait ni si elle en fait souvent – j'ai le sommeil trop lourd pour savoir si elle se réveille la nuit et de toute façon, son lit n'est pas assez près du mien pour que je puisse l'entendre parler. C'est peut-être l'altitude qui lui donne des cauchemars, je me demande s'il y a des études là-dessus.
Il reste six heures de vol. Six heures sans internet. Dommage, j'aurais bien voulu vérifier maintenant. D'ici l'atterrissage, j'aurais oublié, je ne saurais jamais si prendre l'avion influence les rêves.

Je pense qu'elle a dormir tout le trajet – ou alors, si elle s'est réveillée, c'était pas intermittence ou sans me le dire. Moi, j'ai passé six heures à voleter d'un livre à ma psp puis à mon pc, à mon mp3 ou à mon portable en mode avion. Je crois que j'ai vidé la batterie de tous les machins électroniques que j'avais embarqué sur ce vol, et épuisé le quota de tolérance à la lecture de mon cerveau. J'ai pas fini le livre que j'avais emporté mais en même temps, même la littérature jeunesse doit s'accrocher dur pour combattre à la fois mon inattention et ma dyslexie.
On dit souvent "je n'ai pas vu le temps passer" quand on finit un vol ou un trajet aussi long. Moi je l'ai vu passer. Très, trèèèès lentement.

Mais bon, on a enfin atterri. Et grâce au décalage horaire il est huit heures, ce qui veut dire que je vais pouvoir reprendre un petit-dej (Quoi ? Je suis insensible au décalage horaire mais mon estomac ne l'est pas, lui. Et sept heures d'ennui ça creuse). Enfin ça dépendra du bon vouloir de mes deux amies, parce que si ni l'une ni l'autre n'a faim, je ne vais forcer personne à manger avec moi. Mais bon il doit être treize heures à Londres et Melody n'a rien avalé de la journée, elle va bien finir par avoir faim à un moment ou un autre.

On quitte l'avion dans la bousculade un tant soit peu organisée qu'est la récupération des bagages cabine. Je n'ai pas d'autre valise, mais Melody si, alors je la suis jusqu'aux tapis roulants qui exposent les bagages de toute le monde pour qu'elle puisse récupérer la sienne. Ensuite on pourra sortir, rouler et je retrouverai ma ville.
Avant ça, je retrouverai Laura. J'attends presque patiemment – vraiment presque – que la valise de Melo décide enfin de se pointer, et une fois qu'on là je l'emmène avec moi jusqu'aux portes. Il faut repérer Laura dans la foule – facile, elle passe rarement inaperçu et puis je la connais trop bien pour ne pas me rappeler son visage. Ça et la petite foule qui la repère à ma place, dès qu'on doit se retrouver quelque part, depuis qu'elle a gagné son prix de meilleure actrice.

Effectivement, elle est pas bien difficile à repérer. Je lui fais signe au moment où elle me repère et agite la main dans ma direction.
J'en ai très peu parlé à Melody. Je n'ai pas vraiment pris le temps de lui faire des "présentations" détaillées de toutes mes co-stars – trop nombreux, trop long. De Laura, j'ai dû vaguement lui dire qu'elle était du genre à se mêler un peu trop des affaires des autres, surtout des miennes, et qu'elle lisait trop facilement entre les lignes. C'est la seule que ma réputation d’honnêteté n'a jamais trompée quand je m'essayais à un mensonge.

- Naomi !

On a à peine eu le temps de l'atteindre qu'elle me prend déjà dans ses bras, avant de se tourner vers ma camarade avec un sourire.

- Tu dois être Melody. Enchantée, je suis Laura. Enfin j'imagine que Nao t'a déjà parlé de moi.

Elle a l'air d'hésiter un peu, c'est limite si on ne s'attendrait pas à la voir se balancer d'un pied sur l'autre. Je connais Laura : si elle hésite comme ça, c'est qu'elle a envie de la câliner en guise de bonjour comme elle fait avec tout le monde, mais qu'elle n'ose pas de peur de la froisser.

- On a beaucoup de choses à discuter toutes les trois. Naomi est la fille la plus secrète du monde sur sa vie à Londres et je veux à tout prix connaître la personne qui a eu l'insigne honneur de la suivre au bout du monde.

Son éternel sourire ironique, avant qu'elle n'agite ses clefs de voiture puis se dirige vers les portes en nous attendant à peine.

- En route, les filles. Je sais pas vous, mais j'ai la dalle, et si ta chère Melody veut visiter la ville cet après-midi, il vaut mieux qu'on ait toutes l'estomac plein !
© Naomi
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