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Pour la rentrée 2018, Indarë organise une semaine d'Intégration pour les nouveau élèves et les moins nouveaux.

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La loi du plus fort [Rp Solo]

Alix Scarønson
IRS |:| Quatrième année
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Messages : 323
Né(e) le : 30/07/2001
Date d'inscription : 11/02/2017
Age : 17
Nationalité : Norvégien
Famille : Frère jumeau de Rikissa, grand frère de Naev
Situation amoureuse : Meh
Commentaires/Citations : « Moi tant que je peux jouer, je mise ce que tu veux, même les dents du voisin »
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http://indare-division.forumactif.com/t221- http://indare-division.forumactif.com/t246-

Mer 26 Juil - 15:20

10 Juillet
2017
La loi du plus fort

Rp solo

Il ne s'était pas réveillé avec un mauvais pressentiment. Il n'y avait eu ni pluie, ni orage, ni quoi que ce soit qui aurait pu lui signaler ce que sa journée lui réservait. Juste un soleil éclatant de juillet et un message de certains de ses amis d'Indarë qui se préparaient pour le voyage scolaire en France deux semaine plus tard. Il y aurait bien participé, mais il n'était pas près à s'inscrire à des cours pour tout l'été et à le passer à l'école juste pour ça. Il n'avait personne d'assez important pour lui là-bas pour suivre des cours et y passer tout l'été.
Enfin si... une seule personne, mais elle ne voulait probablement pas le voir. Elle était sûrement plus heureuse sans lui...

Elle lui manquait. Beaucoup. Parfois, il se réveillait avec un poids sur l'estomac et l'envie profonde de se cacher dans un coin en attendant que la journée passe. D'autres jours, il parvenait à ne pas y penser. Et d'autres, très rares, il avait l'impression qu'elle apparaissait près de lui. Des hallucinations qu'il savait dues à son épilepsie et dont il ne parlait à personne. Ni à ses parents, ni à Rikissa, ni à Naev qui était trop jeune pour comprendre tout ça de toute manière. Ce n'était pas comme si tout cela avait un sens.
Il sortit de chez lui en soupirant. Il n'avait rien de spécial à faire aujourd'hui, et même s'il n'avait aucune envie de passer du temps à Indarë, la plupart de ses amis y étaient encore, que ce soient des IRS coincés là-bas pour l'été ou des ISS qui essayaient de remonter leur moyenne pour la rentrée suivante.

- Alix Scarønson ?

Il sursauta en entendant une voix ferme derrière lui et se retourna lentement. Le badge de police qui s'agita sous son nez le fit reculer de quelques pas. Quelque chose n'allait pas. Ses anciennes rencontres avec la police s'étaient soldées pour la plupart par des fuites, pour l'une par un internement en psychiatrie dans le programme Potion d'Indarë. Ça n'était jamais bon signe, surtout quand on l'interpellait directement par son nom. Il songea à fuir, perçut le regard menaçant des deux policiers qui se tenaient près de lui et renonça aussitôt à son projet.

- C'est moi... Que se passe-t-il ?
- Veuillez nous suivre. Nous avons des questions à vous poser.

Un frisson courut dans son dos. "Mauvais signe" était faible, il était clairement mal barré. Il n'avait aucune envie de les suivre, aucune envie de répondre à des questions sur un sujet qu'il sentait très dangereux et glissant. Est-ce que ses activités de poker illégales avaient été révélées ? Est-ce qu'il avait été surpris à se battre ou avec de l'alcool ? Est-ce que ses soirées illégales le mettaient en danger ? Il serra les points pour contrer l'angoisse qui provoquait déjà de légers tremblements dans ses doigts.

- A... quel sujet ?

Il ferma les yeux un moment. Le stress n'était pas bon pour lui. Du tout. Ça avait un effet dangereux sur son cerveau. Les tremblements de ses mains étaient loin de se calmer.

- A propos de Mlle McKerman.
- Qui ?

Le nom ne lui évoquait rien. Ce n'était pas une fille de sa classe, ni de ses anciennes classes, ni, de mémoire, une fille présente à une de ses soirées. Ou si elle y avait été présente, elle n'avait pas fait partie des rares personnes à trop forcer sur l'alcool et pour lesquelles ils avaient dû appeler de l'aide. Il n'avait donc pas la moindre idée de qui cette fille pouvait bien être.

- Suivez-nous, s'il vous plaît.

Le visage du policier s'était totalement fermé à la réaction d'Alix et il sentit qu'il tombait dans une spirale qu'il n'allait pas apprécier. Qui que soit cette fille, elle risquait de lui causer des problèmes... de gros problèmes. Il prit une grande inspiration pour essayer de reprendre le contrôle des parts de son cerveau qui lui échappaient. Ce n'était pas le moment de faire une crise...
En silence, il marcha lentement derrière le policier qui l'avait interpellé, au moins content qu'aucun des deux n'ait eu l'idée de lui passer les menottes. Il sentit quand même son corps se contracter sous l'effet d'un spasme violent quand il dut monter dans la voiture, et il prit une pilule anti-épileptique d'une main tremblante sous le regard suspicieux de l'homme assis devant lui. Ça n'empêcherait pas une crise si le stress augmentait trop, mais ça pourrait au moins la retarder le temps qu'on lui explique enfin ce qu'il faisait là.
©️ Alix
paroles en #9E1A12




Dernière édition par Alix Scarønson le Mar 6 Fév - 11:44, édité 1 fois
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Alix Scarønson
IRS |:| Quatrième année
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Mar 1 Aoû - 15:31

10 Juillet
2017
La loi du plus fort

Rp solo

Le trajet en voiture lui donna l'occasion de tester tout un tas de techniques pour lutter contre l'angoisse que Rikissa avait entrepris de lui apprendre dès qu'ils avaient su que le stress pouvait provoquer ses crises de convulsion. Aucune n'eut d'effet miraculeux mais, entre ça et es médicaments, ses tremblements avaient fini par diminuer assez pour qu'il ait confiance en sa capacité à rester dans un état de santé raisonnable d'ici à ce qu'il ait ses réponses. Il sortit de la voiture avec une boule au ventre, escorté par le duo qui était venu le chercher au pied de chez lui.
Priant pour que sa sœur ait vu le message qu'il lui avait envoyé pendant le trajet et qu'elle le rejoigne avant que son cœur lâche. Et aussi pour qu'elle ne prévienne pas leurs parents. Qui que soit cette fille, il craignait que cette histoire ne fasse remonter des secrets enfouis. S'il était prêt à ce que Riki apprenne qu'il avait menti pour quitter l'IRS et à affronter sa déception, il ne voulait pas affronter celle de sa mère.

Dans un état second, Alix suivit les deux hommes à l'intérieur. Ses yeux passèrent sans les voir sur les bureaux des secrétaires, les gens qui attendaient, les portes entrouvertes sur des personnes faisant des dépositions. Son cerveau n'arrivait pas à aligner deux pensées cohérentes ni à enregistrer correctement les images et les sons qui s'agitaient autour de lui, transformant le monde en brume incompréhensible. Il perçut quand même qu'on ouvrait une porte et qu'on l'incitait à s'asseoir, ce qu'il fit sans même y penser.
La porte qui claquait derrière lui finit par le ramener à la réalité, et il eu un sursaut en prenant conscience que le monde lui avait échappé quelques minutes.

Un des hommes s'assit face à lui, de l'autre côté d'une table, et il porta sur lui toute son attention retrouvée, ignorant presque involontairement le deuxième, resté près de la porte. Il l'écouta énoncer ses droits sans dire un mot. Il avait vu assez de films et de séries pour savoir lequel des deux allait lui poser des questions – et lui fournir des réponses.

- Nous avons reçu une plainte contre vous pour agression sexuelle.
- Quoi ?

Sa surprise, non feinte, tira un froncement de sourcil à l'homme qui lui faisait face, mais Alix ne le remarqua même pas. De toute les raisons qui aurait pu l'amener ici, celle-ci n'aurait même jamais pu lui effleurer l'esprit. Qui pouvait bien être cette fille ? Et pourquoi est-ce qu'elle avait décider de lancer un tel mensonge contre lui ? Une vengeance ? Il ne se souvenait pas d'avoir nui à quelqu'un suffisamment pour justifier qu'on fasse une telle plainte contre lui.

- La jeune fille n'a pas tenu à garder l'anonymat, et si son nom ne vous dit visiblement rien, peut-être que son visage vous rafraîchira la mémoire.

Son ton était glacial et Alix serra les dents. De toute évidence, le type le prenait pour le dernier des enfoirés, capable d'agresser une fille dont il ne connaissait même pas le nom et de jouer la carte de l'innocence. C'était crispant. Il avait beau se donner des airs, il n'irait jamais faire de mal à qui que ce soit, surtout pas de ce genre. Il n'était déjà pas trop porté sur la chose avec des inconnus, alors forcer quelqu'un ? Impossible. Impensable. Qui que soit celle qui lui avait tendu ce piège, il réussirait sans trop de problèmes à s'en sortir.

Quand le policier fit glisser jusqu'à lui une photo de la fille en question, son sang se glaça dans ses veines. L'homme avait raison : l'image lui avait rafraîchi la mémoire. Et l'histoire prenait un tour qui lui plaisait de moins en moins. Il se souvenait d'elle. Elle lui avait offert cent livres pour coucher avec lui et s'il aurait refusé en temps normal, il avait accepté pour pouvoir rembourser une dette de jeu qui avait déjà failli lui causer des problèmes. Ça n'expliquait en rien pourquoi elle avait du jour au lendemain décidé de porter plainte. Il ne l'avait pas forcée, c'était elle qui était littéralement venue lui demander. La sensation d'être tombé la tête la première dans un piège lui serrait la gorge et il eut soudain l'impression d'étouffer. Il fallait qu'il sorte de là. Qu'il la retrouve. Qu'elle lui explique. Peut-être qu'elle regrettait, peut-être qu'il lui fallait une excuse parce qu'elle s'était fait prendre par ses parents, peut-être...
Non... non, rien n'expliquait ça. Il serra les poings.

- Je ne l'ai pas agressée. C'est elle qui est venue me voir pour me demander de coucher avec elle...

Si l'un des deux s'était fait forcer la main, c'était plutôt lui, même s'il n'aurait eu aucune conséquence à dire non. À bien y réfléchir, il aurait même mieux fait de dire non, ça lui aurait évité d'être là aujourd'hui.

- Ce n'est pas la version des faits que nous avons. D'après Mlle McKerman, vous étiez chez elle pour travailler puis vous avez soudain changé d'attitude avant d'abuser d'elle.
- Je vous dit que je n'ai rien fait. Elle est venue me voir, elle m'a demandé, j'ai accepté. Elle regrette peut-être, mais je peux vous affirmer qu'elle était d'accord... Je ne ferai jamais de mal à personne.

Peut-être qu'Any avait vu quelque chose. Il était impressionné, parfois exaspéré, par sa capacité à tout voir et tout savoir, mais si elle pouvait avoir une preuve ou même juste un témoignage, elle pouvait le sortir de cette impasse. Avec sa parole contre celle d'une fille probablement blanche comme neige, il n'irait pas loin.

- Ce n'est pas ce que dit votre dossier. Vous avez des antécédents de violence subite.
- C'étaient des crises de manque pour une addiction que j'ai soignée depuis. Vous pouvez consulter mon dossier psychiatrique de l'IRS, je n'ai plus eu de symptômes depuis plus d'un an.

Il avait l'impression douloureuse de s'enfoncer. Pourquoi Rikissa n'était pas venue ? Est-ce qu'on l'avait bloquée à la porte ? Il espérait maintenant qu'elle avait prévenu leurs parents. Sans l'aide d'un avocat, il avait l'impression que le moindre de ses mots pourrait l'envoyer directement au fin fond du piège dans lequel il était tombé, sans espoir de remonter. Il songeait très sérieusement à ne plus prononcer un mot quand la porte s'ouvrit sur une femme, qui le toisa avec un regard où il lut un exaspérant mépris avant de s'adresser aux deux hommes.

- Ses parents sont là. Avec un avocat.

Le policier en face de lui soupira. Il rangea sa photo et se leva, laissant ses deux collègues seuls avec Alix, qui recommençait à respirer. Avec de l'assistance, il se trouvait une chance un peu plus raisonnable de survivre à toute cette histoire. Malgré tout, il n'eut pas la folie de paraître détendu. Il savait que même avec de l'aide, sa situation était proche d'être désespérée. Il ne connaissait pas la version complète de l'histoire de la fille, mais il sentait déjà qu'elle n'allait pas lui plaire. Pas du tout.
© Alix
paroles en #9E1A12


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Alix Scarønson
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Jeu 3 Aoû - 20:42

10 Juillet
2017
La loi du plus fort

Rp solo

Le regard de sa mère quand elle entra dans la pièce ne le rassura pas sur son sort. Il y lut un mélange d'incompréhension et de déception qui se ficha directement dans son cœur, à peine atténué par la colère qui brillait dans ceux de son père et qui, il le savait, ne lui était pas destiné. Rikissa, derrière leur mère, lui jeta un regard désolé mais il secoua la tête. Il lui était plutôt reconnaissante d'avoir exposé la situation à sa famille. Ce simple geste sembla la rassurer et ils entrèrent tous les trois, accompagnés d'un homme en costume à l'expression indéchiffrable. Alix songea un instant qu'il ferait un bon joueur de poker.

- Il va falloir que vous m'expliquiez tout ce qui s'est passé avec cette jeune fille. Avec précision, même si vous pouvez gardez sous silence les... détails intimes.

Alix hocha la tête. Déjà, son cerveau travaillait pour recomposer le puzzle de ce qu'il avait gardé en mémoire. La présence de ses parents le fit tout de même grimacer. S'il y avait procès, ils sauraient la vérité. Riki aussi. Il refusait de mentir sur un sujet qui pouvait lui sauver la mise, mais il voyait déjà l'expression sur leur visage quand ils comprendraient que ce qui s'était passé entre lui et cette fille s'apparentait à de la prostitution – d'un certain point de vue, l'était, en fait. Qu'il l'avait fait pour rembourser une dette de jeu bien trop récente pour ne pas être la preuve qu'il aurait dû rester à l'IRS.
IRS où il n'avait pas envie de retourner. Tant pis pour la déception ? Oui, sans doute. Mais il rechignait à l'exposer ici, devant ses parents. Les vacances commençaient à peine et elles allaient devenir cauchemardesques s'ils étaient au courant maintenant, alors que s'il parvenait à repousser les révélations jusqu'au procès, cette histoire ne lui pourrirait peut-être pas trop son été. Sans compter qu'il n'avait pas être envie d'être privé de sorties alors qu'il avait une soirée poker prévue quelques jours plus tard. Naev n'était malheureusement plus aussi serviable et naïve qu'avant, elle ne l'aiderait plus à sortir en douce.

- Maintenant ? finit-il par répondre
- Vous n'êtes pas obligé. Ils ne peuvent vous retenir éternellement et vous avez tout à fait le droit de garder le silence, nous pouvons donc partir si j'en fais la demande, il faut malgré tout que vous sachiez que j'ai peu de chance de vous éviter un procès. Que vous soyez coupable ou non...
- Je suis innocent !

La colère face à l'injustice bouillonnait encore assez dans ses veines pour que le doute dans la phrase de l'avocat lui tire un cri et le fasse lever de sa chaise. D'un geste de la main, sa mère fit signe à l'homme de ne pas se formaliser de sa réaction excessive et l'avocat hocha la tête, attendant qu'Alix se rassoie pour reprendre.

- Que vous soyez coupable ou non, nous pouvons avoir gain de cause. Réunir des preuves et des témoignages qui plaideraient assez en votre faveur pour que sa parole ne soit pas suffisante pour vous condamner, le vôtre en première ligne, évidemment.

Alix acquiesça, avant de tourner son regard vers sa sœur jumelle. Elle consultait son téléphone et ne releva les yeux vers lui qu'une seconde, suffisamment pour comprendre à quoi il pensait et l'approuver en clignant trois fois des yeux.

- Il y a... une fille dans ma classe qui a des yeux partout. Any Wiesel. Elle a peut-être des preuves, ou entendu quelque chose.

L'avocat sembla surpris mais Alix le vit noter quelque chose sur son carnet. Bien sûr, les informations d'Any étaient toujours à prendre avec des pincettes, mais s'il avait de la chance elle aurait vu en personne la fille lui demander de coucher avec elle, ou, encore mieux, l'aurait filmé. Avoir une fouine munie de caméras parmi ses amis avait ce genre d'avantage, même s'il savait qu'elle n'irait pas jusqu'à mentir pour lui. Si elle n'avait rien vu et rien entendu, elle ne prétendrait pas le contraire juste pour ses beaux yeux.

- Nous la contacterons, annonça finalement l'homme. Je propose qu'on vous fasse sortir d'ici pour discuter de tout ça de façon un peu moins cavalière et plus confortable. Vous serez plus à l'aise pour exposer la situation si vous n'être pas dans une de ces chaises.

Même si le confort des sièges lui importait peu, Alix opina pour la forme. Ce n'était pas le moment de faire des siennes et il voulait mettre toutes les chances de son côté, ce qui impliquait aussi de ne pas trop contester son avocat pour des broutilles ou des formulations. Et il n'était pas mécontent de pouvoir quitter cette salle d'interrogatoire avec la sensation d'avoir une chance, même minime, de se sortir de ce traquenard.
Il monta dans la voiture de ses parents et ferma les yeux. Le trajet jusqu'à chez eux, suivis par la voiture de l'avocat, se fit dans un silence total qu'aucun d'eux n'osa interrompre, mais il fut reconnaissant de sentir la main de sa sœur se poser sur la sienne, rassurante.

Ils s'installèrent dans les canapés du salon et Alix sentit à nouveau le malaise de devoir parler devant ses parents lui serrer l'estomac. Il aurait voulu demander à l'avocat de lui parler seul à seul mais il avait peur que ses parents devinent aussitôt pourquoi il tenait à leur cacher les détails ou, pire, qu'ils le pensent vraiment coupable.

- De quoi vous souvenez-vous ?
- Cette fille... elle est venue me voir...

Trois semaines plus tôt, à quelques jours près, elle était apparue dans la cour de l'ISS, penchée par-dessus son épaule, parcourant des yeux des thèses de chimie qu'il savait bien trop compliquées pour elle – ça se voyait dans son regard qu'elle n'y comprenait rien.

"Tu veux quelque chose ?"
"En fait oui."

Elle l'avait regardé avec un air de prédatrice qui lui avait fait froncer les sourcils. Il n'aimait pas l'expression carnassière qu'elle affichait, mais elle se transforma bien vite un regard suspicieux.

"Tu ne diras rien ?"
"Il faudrait déjà que je sache ce que tu veux."

Elle lui avait répondu par un soupir. S'était penchée à son oreille.

"Mes amies se moque de mon peu... d'expérience. Je voudrais les faire taire."
"Et ça me concerne parce que..?"
"J'ai entendu dire que tu étais célibataire. Et pas très difficile. J'ai..."

Le froncement de sourcil de sa mère à l'entente de cette partie de son récit le fit se stopper. Ça et le fait que...

- Qu'avait-elle ?
- Je préférerais ne pas...
- Il me faut les détails. Vous avez déjà une très bonne mémoire, mais plus j'aurais d'éléments, plus je pourrais facilement vous défendre. Si vous vous souvenez de ce qu'elle a dit, l'information peut-être utilisée.

Alix soupira. Il n'avait pas beaucoup d'options. Il regarda sa mère, conscient de sa réaction au simple fait qu'il ait cette réputation de ne pas être "très difficile". Son père, tendu à l'extrême tant il détestait qu'une situation lui échappe. Sa sœur, le regard teinté d'une note légèrement différente de d'habitude, comme si elle commençait à comprendre.

- Seul.

Ce fut le seul mot qu'il put prononcer mais l'homme comprit sans difficulté. Il réussit en quelques mots à convaincre ses parents et sa sœur de quitter la pièce et veilla à ce qu'ils s'éloignent assez pour ne rien entendre.

- Qu'avait-elle ? demanda-t-il à nouveau une fois que sa famille se fut éloignée
- De quoi payer.

Ce n'était qu'un murmure, une révélation à voix basse au cas où quelqu'un l'aurait écouté. Ses parents ignoraient tout de cette partie de son passé, ses sœurs aussi, et il détestait déjà l'idée que cela puisse filtrer au procès. L'avocat s'était crispé sur son stylo.

- Vous avez accepté... contre de l'argent ?
- J'avais des dettes à rembourser. 300 livres. Elle m'en a donné cent, c'était une somme suffisamment importante pour que je ne pose pas trop de question.

Ça avait été son erreur, se laisser manipuler par des billets providentiels.

- Comment... comment un jeune homme de votre âge se retrouve avec un dette de 300 livres ?

Alix serra les dents. Arrivait la révélation qu'il n'avait vraiment, vraiment pas envie de voir surgir. C'était un sauvetage à double-tranchant. Si ça l'aidait à gagner le procès, ça pouvait aussi le renvoyer avec un retour direct dans le programme Potion. Ça faisait deux chances sur trois de retourner à l'IRS, un ratio qui ne lui plaisait pas énormément.

- Je les ai perdues. Au... poker.
- J'imagine que vous avez utilisé son argent aussitôt pour rembourser une partie de votre dette.

Alix hocha la tête. Encore une erreur. Il réalisait maintenant que ces billets auraient pu être une preuve importante en sa faveur. Il aurait pu tricher et en gagner d'autres d'ici-là pour fabriquer une preuve, mais quelque chose lui disait qu'elle s'était assurée de couvrir ses arrières pour qu'il n'en ait pas la possibilité.

- On peut demander à consulter ses relevés bancaires. Des retraits d'argent de sa part pourraient constituer des preuves.
- Si son but était de me piéger, elle y aura sûrement pensé...
- Si elle est bien à l'origine de ce traquenard, elle reste une adolescente de seize ans. Elle a sûrement fait des erreurs que l'on pourra exploiter. Je doute qu'elle ait retirer cent livres d'un coup, mais plusieurs retraits espacés de vingt ou dix peuvent suffire, surtout si elle ne peut pas justifier de les avoir utilisées pour autre chose.

Alix entrevit une lueur d'espoir. C'est vrai qu'elle n'était pas parfaite. Elle pouvait avoir fait une erreur, même s'il n'arrivait toujours pas à mettre le doigt sur la raison qui aurait pu la pousser à vouloir lui tendre un piège pareil. Il aurait dû se méfier bien avant. Sa méthode pour l'attirer dans son lit avait été si grossière qu'il aurait dû réaliser plus tôt qu'il y avait anguille sous roche, mais son besoin d'argent avait parlé avant lui.
Mais s'il réunissait assez de preuves, assez d'éléments, il pourrait s'en sortir. Sa confiance le détendit assez pour qu'il puisse raconter la suite sans trop stresser, écartant le danger et le risque de crise.

- On s'est retrouvés dans ma chambre entre deux heures de cours. Elle a dû arriver en retard, mais je ne sais plus quelle date c'était. Après ça, elle m'a payé, et j'ai rendu l'argent le lendemain au type à qui je le devais.
- Vous connaissez son nom ?
- Non. Mais je peux me rappeler son visage, si besoin.
- Je vais commencer par demander des photos des personnes de son entourage. Peut-être que le garçon en question la connaît personnellement.

Alix fronça les sourcils. L'idée ne lui était pas venue à l'esprit. Pourquoi aurait-il fait ça ? Ça revenait à demander à une amie de rembourser les dettes d'un autre.

- Il n'aurait aucune raison...
- M'est avis que votre dette n'est pas étrangère à cette histoire. Combien de temps avez-vous attendu pour la rembourser ?
- Six mois... et je ne l'ai pas remboursée entièrement...
- Et vous ne pensez pas qu'il peut s'agir d'un règlement de compte de la part de quelqu'un qui vous en veut à vous, personnellement, pour les problèmes que vous avez pu lui causer, plutôt que de simplement vouloir récupérer son argent ?

Possible. Non, probable. Presque certain, en fait. Il avait raison. Seule une vengeance personnelle aurait pu entraîner une telle spirale et, vu qu'il n'avait rien fait à cette fille, ça ne pouvait être qu'un de ses amis. À moins que quelqu'un n'ait découvert son petit marchandage et qu'elle cherche juste à couvrir ses arrières. Il s'en ouvrit à son avocat.

- C'est possible. Nous allons explorer les deux pistes, et obtenir la déposition de Mlle McKerman. Ne vous en faites pas, on trouvera un moyen de vous sortir de ce piège.

Une certitude qu'Alix ne partageait pas, mais il ne dit rien. Il savait que ces paroles étaient plus destinées à le rassurer que porteuses de vérité.
©️ Alix
paroles en #9E1A12




Dernière édition par Alix Scarønson le Ven 22 Déc - 0:26, édité 1 fois
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Dim 27 Aoû - 1:50

11 Juillet
2017
La loi du plus fort

Rp solo

Après son entretien de la veille avec l'avocat appelé en urgence par ses parents, Alix s'était muré dans un silence plus ou moins volontaire. Sa mère semblait incertaine, vacillant entre l'inquiétude et la méfiance, incapable de statuer sur le sort de son fils, incapable d'imaginer sa culpabilité autant que d'appréhender son innocence totale. Son père, comme à son habitude, n'avait pas aligné plus de trois phrases dans la soirée. Rikissa lui avait jeté quelques regards en coin tout au long du repas mais il sentait que la situation échappait à sa vision du monde, autant qu'à celle de Naev qui n'avait qu'une vague idée de ce dont on accusait son frère – à peine une connaissance théorique des choses, et il était plutôt content que ça soit le cas. La part de choses qu'il leur cachait pesait trop sur sa conscience pour qu'il se sente lui-même blanc comme neige, alors il n'avait pas cherché à lancer la moindre conversation et avait fini par s'isoler dans sa chambre.

Sa chambre... si les choses se passaient mal, il ne la reverrait pas de sitôt. Incapable de dormir, frappé par une insomnie sans nul doute causée par l'angoisse qui lui rongeait les entrailles, il avait parcouru internet toute la nuit, faisant des recherches sur la fille d'abord, sur les peines qu'il encourait ensuite. Une petite voix au fond de lui lui soufflait qu'il n'en sortirait pas indemne, que l'IRS était en train de refermer ses griffes sur lui et qu'il n'y pourrait rien. Une vengeance bien mieux ficelée que ce que prétendait son avocat.
C'était sur le S'Peach de McKerman – Jenny, il avait fini par retrouver son prénom à force de réfléchir et de sauter d'un profil à l'autre – qu'il avait vu la tête du type à qui il devait de l'argent. Anton McKerman. Son frère. Son putain de frère.
Quel frère envoyait sa sœur coucher avec un type juste pour une vengeance malsaine ? L'idée lui donnait la nausée, et il n'était pas le plus protecteur des frangins.

Loin de l'apaiser, la révélation l'avait encore plus empêché de dormir. Empêché de réfléchir de façon cohérente. Si c'était son frère, il avait sûrement fait tourner son propre argent plutôt que de prendre celui de sa sœur. De l'argent possiblement gagné aux jeux. De l'argent de parties illégales. Intraçable.
Une preuve qui s'évaporait. Une parmi si peu de preuves. Sa parole contre la sienne... non, elle avait sûrement autre chose. Si c'était un plan prévu depuis le début, elle avait dû trouver un moyen d'avoir des preuves physiques. Il n'avait pas pris de risques – une fille qui payait pour coucher avec un inconnu, même si elle s'affirmait vierge, restait une potentielle source de maladies qu'il n'avait pas eu envie de découvrir – mais il était sûr qu'elle avait trouvé un autre moyen. Si elle était assez tordue pour lui refiler 300 livres pour une vengeance, même avec la certitude de les récupérer avec cette histoire de remboursement, elle avait dû préparer son attaque dans les détails. Toute cette histoire lui donnait des sueurs froides.

Quand il s'était finalement levé, un peu après 6h du matin, la maison était encore vide. Endormie, sauf son père qu'il entendait se préparer dans la salle de bain. Il soupira face au café qui refroidissait sur la table. Il ne trouvait pas la force pour affronter tout ça. Un procès truqué, préparé d'avance pour le faire sombrer. Serrant les deux, il vida sa tasse d'un trait, savourant la brûlure dans sa gorge avec une satisfaction qui en disait long sur son état émotionnel, attrapa la première bouteille d'eau qui passait à sa portée et sortit de chez lui. Les rues accueillaient déjà les voitures des premiers travailleurs et de ceux qui rentraient d'un boulot de nuit, mais les trottoirs étaient déserts. L'avocat était censé récupérer toutes les infos possibles aujourd'hui. À quelle heure se pointerait-il chez lui pour lui dire à quel point sa vie était fichue ? Lui exposer le peu de chances qu'il avait de s'en sortir ?

Il shoota dans un caillou avec un grondement désabusé. Rends-toi à l'évidence, elles sont proches de zéro. Il pouvait ressortir son ancien uniforme du placard, en espérant qu'il n'avait pas trop grandi depuis.
Il erra dans le quartier autour de chez lui pendant un long moment, sans avoir conscience du temps qui passait, guettant la moindre sonnerie de son téléphone au cas où Riki ou Naev s'inquiéterait pour lui, mais personne ne l'appela. Blasé, il se posa sur des marches, devant la maison d'inconnus bien loin de ses problèmes, et il finit par se perdre dans les photos sur son téléphones. De lui, de ses sœurs, de ses amis de l'ISS, une partie prise par Any quand elle avait trouvé son portable oublié sur une table, puis l'IRS, ses amis, ses soirées. Et Hannah.
Il n'avait pas eu la force de supprimer la moindre photo. Voir la moitié des personnages de séries et de films le faire après une rupture l'avait toujours un peu exaspéré. À moins d'une rupture violente – ce qui n'était pas le cas de la sienne – c'étaient des souvenirs comme d'autres, des bons moments qui finiraient par s'effacer d'eux-même sans qu'on les jette à la poubelle avant terme. Et là, le sourire d'Hannah, si rare, brillait sur son écran. Même s'il retournait à l'IRS, il avait peu de chances de la revoir. Non. De la revoir, il en avait. Qu'elle lui parle ou lui accorde un regard, non. Il secoua la tête, chassant la nostalgie qui venait se battre au coude à coude avec son angoisse. Ils avaient eu une belle histoire, mais toutes les histoires prenaient fin, en laissant ce goût amer d'insatisfaction dans la bouche. D'insatisfaction et de regrets. Il avait agi comme un idiot, et il comprenait sans trop de problèmes qu'elle n'ait pas voulu le revoir.

Ses photos remontaient loin. Plus loin qu'Indarë, jusqu'à une photo de ce tatouage qu'il avait fait effacer et qui n'existait plus que dans quelques octets et quelques pixels. Une carte mémoire qui avait survécu d'un téléphone à l'autre et qui portait la quasi-totalité de son adolescence.
Il sursauta quand son téléphone sonna, affichant l'image d'Any. Fronçant les sourcils, il décrocha en quelques secondes.

- Any ?
- C'est normal qu'un avocat m'appelle pour me demander des infos ? Dans quoi tu t'es fourré encore ? T'as agressé une nana ? Sans te vexer, chou, ça te ressemble vraiment pas. Pourquoi t'as fait un truc pareil ?

Il soupira.

- J'ai rien fait... Je pensais que tu aurais des infos, de quoi me faire un alibi...
- Oui ça j'avais cru comprendre. J'ai fouillé mes archives, mais j'ai juste une vidéo d'elle et toi dans la cour donc je sais pas trop ce que ça peut t'apporter. Tu sais que mes caméras dans le chambres sont régulièrement détruites, par les surveillants ou par les locataires d'ailleurs. J'ai rien à l'intérieur des dortoirs, désolée. Déjà que j'ai dû faire masse recherches dans mes fichiers pour savoir qui était cette foutue Jenny McKerman...
- Y a pas le son sur ta vidéo ? Une preuve qu'elle m'a demandé ?
- C'est des mini-caméras, Alix, pas des micro de réal. Si vous êtes pas à côté, la qualité sonore est faible, et vous étiez dans la cour. C'est couvert par les bruits des autres.

Nouveau soupir. Si même elle n'avait aucune info, c'était une chance de plus qui disparaissait. Elle lui indiqua quand même qu'elle avait envoyé cette vidéo à son avocat, au cas où il trouverait un moyen viable de l'exploiter.

- C'est pour ça que tu m'appelles ?
- Nope. Par contre, je cherche à dénicher l'adresse de ta McKerman, mais je peux déjà te dire que son cher frère se promène du côté de New Cross d'après mes caméras. Si tu veux aller discuter un peu avec lui.
- … Tiens-moi au courant par sms.

Le quartier de New Cross n'était pas loin du sien – une demi-heure à pieds  grand maximum – et il avait des comptes à régler avec ce type. Comprendre pourquoi son esprit malade avait donné naissance à un plan aussi tordu et essayer – espérer – trouver un moyen de résoudre le problème avant qu'il se retrouve dans un tribunal et que tout soit perdu pour lui.
Il doutait que ça fonctionne, mais il avait l'avantage de la taille pour paraître un peu plus intimidant et sûr de lui qu'il ne l'était vraiment. Se dirigeant d'un pas décidé vers le quartier d'à côté, il réussit à attraper un bus qui le mena un peu plus près de sa destination avant de recevoir un sms d'Any. "Billington Road, pas loin du croisement avec Camplin Street. Vers New Cross Road."
Ou l'avantage d'avoir l'espionne locale comme amie.

Il accéléra le pas, bousculant trois ou quatre passants sans prendre le temps de s'excuser. Il n'était pas loin de midi et si Anton avait l'intention de manger quelque part en ville – peut-être de retrouver sa sœur – il fallait qu'il l'attrape avant qu'il n'atteigne sa destination. Il remonta la New Cross Road en espérant l'intercepter au croisement des rues et faillit le manquer, tant il fonçait droit devant sans réfléchir. Quand il réalisa que le type qui venait de sortir de la rue à sa droite et marchait à quelques pas devant lui était celui qu'il cherchait, Alix le saisit par l'épaule et le plaqua contre le mur le plus proche.

- Connard, cracha-t-il comme introduction.

L'autre lui lança un regard où la moquerie le disputait à la satisfaction, ce qui ne fit que l'énerver encore plus.

- Alix... Qu'est-ce que tu veux, me rembourser ?
- Te fous pas de moi.

Son poing avait atterri dans le mur non loin de la tête de McKerman et il eut la satisfaction temporaire de le voir sursauter.

- Envoyer ta sœur pour coucher avec moi et m'accuser de viol ? Sérieusement ? Ça t'apporte quoi ?
- Je ne vois pas de quoi tu parles.

Malgré la poigne qui lui enserrait l'épaule, Anton trouva le moyen de se pencher un peu en avant en lui souriant, le genre de sourire qui donnait envie de casser deux ou trois dents.

- Je n'ai envoyé personne, ne rejette pas tes crimes sur moi. Ce n'est pas moi qui vais être jugé.
- Pour récupérer ton fric avec les intérêts ? C'est ça, ton idée ? Demander à ta sœur de me payer juste pour pouvoir me pourrir la vie derrière ?
- Tu es un sale con, Alix, et tu mérites ce qui te tombe sur la gueule. Même si j'aurais préféré que tu t'en prennes à quelqu'un d'autre qu'à ma sœur.
- Je ne m'en suis pas pris à elle et tu le sais.
- Je t'ai dit, je ne vois pas de quoi tu parles. Je me fies à la version de ma sœur et, honnêtement, je la trouve plus crédible que la tienne. Maintenant baisse ton poing et lâche-moi, sauf si tu veux que je rajoute coups et blessures aux accusations ?

Alix serra les dents. L'autre avait sûrement peur d'être enregistré – il l'était sûrement, en fait, Any devait observer la scène – et il ne ferait pas d'aveu. De toute façon, il n'était pas assez idiot pour ignorer que des aveux obtenus par la violence n'auraient aucun poids ni aucune valeur à un procès, à part de l'enfoncer encore plus dans une image de garçon violent qu'ils trouveraient déjà le moyen de corroborer sans son aide. Il lâcha sa prise avec un regard noir.

- Tu me le paieras.
- Tu paieras d'abord. Cher, j'imagine. J'espère que tu n'es pas trop pressé de quitter Indarë.

Anton se dégagea et le repoussa avec un sourire en coin, reprenant sa route en le laissant sur place.
Seul dans la rue.
Seul face à un problème insoluble.
Il sortit son portable pour téléphoner à Any.
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Alix Scarønson
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Lun 28 Aoû - 17:18

11 Juillet
2017
La loi du plus fort

Rp solo

- J'ai vu, dit-elle avant qu'il n'ait le temps de prononcer le moindre mot.

Il hocha simplement la tête. Il avait depuis longtemps renoncé à chercher où Any planquait ses caméras ou si elle piratait des caméras publiques, il se contentait d'accepter qu'elle en savait plus que tout le monde et de considérer ça comme un avantage. C'était sûrement son côté je-m'en-foutiste à l'idée d'être filmé qui l'avait monté au stade d'ami plus que de simple source d'information.

- Même si c'est inutilisable, ça se voit à dix kilomètres que c'est un plan bien préparé. J'ai trouvé l'adresse des McKerman, mais je pense que ses parents sont là-bas et je vois pas ce que ça pourrait t'apporter d'aller la voir. Elle ne dira rien de plus que son frère et je pense pas qu'elle sera sensible à la menace.
- Je veux savoir pourquoi elle fait ça. C'est gros, pour une histoire d'argent, non ?
- Tu serais surpris de savoir ce que les gens font pour récupérer leur argent, lança-t-elle d'un ton amusé.

Lui avait tout sauf envie de rire. Il avait envie de frapper quelque chose – quelqu'un, en fait, mais il savait que c'était une très mauvaise idée. Il se fichait des ragots qu'Any sous-entendait avec cette phrase. S'expliquer avec Jenny ne lui apporterait sûrement pas l'annulation du procès, mais il avait besoin de réponses... d'éléments de réponses au moins. Il soupira.

- File-moi son adresse. Et envoie la vidéo de la cour.
- T'es sûr ? Dis-moi que tu ne vas pas aller lui casser la gueule...
- T'en fais pas pour ça, je suis pas stupide.
- 7 Cranbrook Road. Et ne fais pas de conneries.

Il leva les yeux au ciel, mimique qu'elle perçut sûrement vu qu'il l'entendit soupirer à l'autre bout du fil, puis il raccrocha. Activa son gps, trouva le tram qui l'emmènerait sur place en dix minutes – plus cinq à pieds mais vu l'état dans lequel il était, sa vitesse de marche avait peu de chance de correspondre à l'estimation de Google maps. Les deux minutes à attendre le tram furent longues, les dix à tapoter frénétiquement son siège encore plus, et il descendit presque trop vite, manquant se tordre la cheville au passage.
Pas le moment.

Droite. Gauche. Droite. Gauche. Vous êtes arrivés. Il se planta devant le 7 Cranbrook Road en serrant les dents. Une partie de lui, la partie chimiste autant que la partie colérique, lui hurlait de juste balancer un poison dans leur réserve d'eau. Impensable, bien sûr, mais l'idée même était plaisante. Une vengeance facile, en quelques minutes, résoudre ses problèmes. Plus de fille, plus de procès. Il soupira. S'approcha d'une fenêtre pour vérifier qu'elle était seule et la vit, tranquillement installée dans son canapé en train de jouer à la console, le sourire aux lèvres.
Si elle ne jouait pas son rôle de victime éplorée, c'est que ses parents étaient absents. Il frappa à la porte.
Refoula l'envie de meurtre.

Quand elle ouvrit la porte, il perçut sans difficulté son mouvement de recul et cela suffit à apaiser un peu son sentiment d'impuissance et la rage qui en découlait.

- Qu'est-ce que... comment...

Surprise. Effrayée ? Malgré lui, un sourire carnassier étira le coin de ses lèvres. Vite balayé par le sentiment d'injustice qui lui étreignait la poitrine et la colère qui dansait autour, prête à surgir, à empirer les choses. Il la retint de toutes ses forces, appela le sarcasme à la rescousse.

- Tiens, c'est drôle, c'est exactement la réaction que j'ai eu en apprenant tout ça.

Il s'avança, elle recula, et il se trouva sur le seuil, brandissant son téléphone sous son nez avec la vidéo envoyée par Any. Sans le son, pour qu'elle ne réalise pas trop vite qu'il ne pouvait pas l'utiliser comme preuve.

- Alors comme ça je t'ai agressée ? Première nouvelle. Tu comptais me l'apprendre un jour ?
- Dégage de chez moi.

Elle essayait de prendre un air autoritaire, mais sa voix tremblait trop pour qu'elle soit crédible. Avec un soupir, il rangea son téléphone. Croisa les bras en s'appuyant sur l'encadrement de la porte.

- C'est quoi ton problème ? Pourquoi tu fais ça ?
- Tu n'as rien à faire ici. Je n'ai pas le droit de t'adresser la parole.
- Réponds !

La colère s'était frayée un chemin dans sa voix l'espace d'un instant, assez pour qu'elle sursaute et recule. Elle regarda autour d'elle, comme à la recherche d'une échappatoire, avant de soupirer. Sans répondre. Alix serra les poings.

- Ça t'apporte quoi, hein ? C'est pour faire plaisir à ton frère ? Putain, mais moi un frère qui vend mon corps pour sa vengeance, je l'aide pas.
- C'est pas pour mon frère !

Sous la colère, sa voix s'était brisée l'espace d'un instant, en même temps que la fragile coquille de peur et de fausse assurance qu'elle brandissait depuis qu'elle avait ouvert la porte. Elle le toisa avec mépris.

- Il fallait bien que le karma fasse son boulot.
- Le karma ? Tu te fous de moi ?
- Tss. Tellement con et tellement amnésique.

Alix fronça les sourcils. Où qu'il cherche, il ne voyait pas où il avait bien pu voir cette fille avant. Il était sûr de n'avoir jamais levé la main sur elle – ni sur personne en fait – même bourré ou poussé par une émotion incontrôlable. Sûr de ne pas l'avoir volée non plus, ou dépouillée au jeu. Ni d'avoir couché avec elle avant qu'elle ne vienne lui demander en personne. Et Rikissa n'aurait pas pu lui poser de problème, d'autant qu'ils n'avaient plus échangé leurs rôles depuis longtemps.

- Qu'est-ce que j'ai bien pu te faire, exactement ?
- Oh la liste est longue. A moi et aux autre. Ta foldingue de copine m'emmerdait déjà assez souvent et comme elle est intouchable et toi non...
- Je n'ai pas de copine.

Plus de copine serait plus exact.

- Mais bien sûr. Elle a cogné mon mec à une soirée, et elle est tarée, tout le monde le sait. Et toi tu es un sale con. T'as arnaqué la moitié de mes amis avec tes petites formules chimiques à la con, tout ça pour perdre tout leur pognon contre mon frère, et même pas être foutu de lui donner.

Alix essayait de reconnecter les points. Elle lui en voulait pour des raisons si insignifiantes, à lui et à Hannah aussi visiblement, qu'il n'arrivait pas à comprendre comment elle en était arrivée à une extrémité pareille. S'en prendre à lui pour blesser Hannah n'avait plus le moindre sens, de toute manière.

- T'en prendre à moi pour atteindre Hannah ? C'est ça ton plan ?
- Pas pour elle. Tu m'as pété la cheville dans les dortoirs, mais j'imagine que t'as oublié. Bousculer une nana dans un escalier c'est si commun, après tout.
- Je n'ai jamais fait ça.
- Si, tu es juste trop con pour t'en souvenir. De ça et de tout ce que tu fais au autres. J'ai dû passer des soirées à consoler une de mes amies que ta copine a traumatisée parce que tu lui plaisais.

Médée. Elle avait ce talent, en quelques paroles, de faire peur aux gens. Il doutait qu'elle ait été si traumatisante que ça, mais il suffisait que ce soit une fille un peu fragile ou paranoïaque pour que quelques remarques cyniques ou menaçantes aient eu cet effet. Quant à cette histoire d'escalier...

- T'imagines même pas le nombre de personnes qui t'en veulent et qui trouveront jouissif de te voir lutter contre tout ça. Et perdre. Parce que tu n'as aucune chance.
- T'es vraiment qu'une pute...

Les mots étaient sortis tous seuls, porté par la rage et l'impuissance qui grignotaient son libre-arbitre. Elle lui retourna un sourire sarcastique.

- Ce n'est pas moi qui couche avec des gens pour gagner de la thune.

Il serra les dents. Les poings. Contint l'envie impérieuse de la faire rencontrer ses phalanges. "Sauf si tu veux que je rajoute coups et blessures aux accusations". C'était la phrase de son frère, la seule qui retenait son bras en position statique alors qu'il rêvait d'étrangler cette sale garce.

- Tu peux toujours rêver pour revoir ta psychopathe après ça. Ça m'étonnerait que, même elle, elle adresse la parole à son mec après avoir appris qu'il avait violé une nana.

Et, sur un dernier regard mêlé de mépris et de fierté, elle lui ferma la porte au nez, l'obligeant à reculer pour ne pas se prendre le battant en plein visage.
Il resta là, immobile. Perdu. Une vengeance extrême contre un crime minime. Sa vie qu'on mettait entre parenthèses, derrière des barreaux, pour une blessure accidentelle. Le chagrin d'amour d'une amie qu'il ne connaissait même pas. Une dette de jeu. Des petits éléments qu'il n'arrivait pas à agencer, à accoler les uns les autres pour dérouler un lien logique vers cette vengeance. Injuste et disproportionnée. Mais aussi absurde que ce soit, ils avaient sûrement établi leur plan à la perfection.

- Pathétiques... souffla-t-il d'une voix atone.

Il n'entendit pas son téléphone sonner une, deux puis trois fois. À pas lents, comme un zombie, il descendit les marches du perron, erra dans les rues. Son téléphone sonna encore, il l'ignora. Retrouva la rue principale qui menait jusqu'à chez lui. Une maison où il risquait de ne plus pouvoir mettre les pieds avant longtemps. À quoi bon ?

Rikissa le retrouva assis par terre au bord du trottoir, immobile et déconnecté du monde, le regard dans le vague. La nuit commençait à tomber et il lui fallut plusieurs tentatives pour tirer son frère hors de son apathie.

- Alix...
- Je n'ai aucune chance.

La réalité s'imposa à elle en même temps qu'à lui. Ils se regardèrent un moment, puis elle passa ses bras autour de lui en lui caressant le dos. Sans rien trouver à dire.
Au fond d'elle, elle sentait qu'il avait raison, et elle refusait d'y croire.
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Alix Scarønson
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Mar 6 Fév - 11:19

12 Juillet
2017
La loi du plus fort

Rp solo

Après être rentré chez lui la veille, accompagné, ou plutôt carrément soutenu, par sa sœur, il avait passé le reste de l'après-midi et de la soirée dans un silence de mort, renforcé par le doute qu'il lisait dans le regard de sa mère, l'inquiétude dans celui de Naev, la colère dans celui de son père, la fatalité dans celui de Rikissa. Sa mère découvrait des secrets qu'il avait caché, son père mourait probablement d'envie d'aller chercher McKerman pour la noyer dans la Tamise et ses sœurs... l'une avait renoncé, l'autre ne savait pas par où commencer. Et lui ne voulait plus y penser.

Il avait mis un temps fou à se lever, ce matin. Roulé en boule dans son lit, il avait regardé le soleil se lever et défiler à sa fenêtre jusqu'à ce qu'on l'appelle pour le déjeuner, et il s'était rendu à table en caleçon sans le réaliser. Personne ne lui avait fait la remarque, sa mère se contentant de lui apporter un tee-shirt pour se couvrir, qu'il enfila sans même y penser. L'importance de ce genre de petites choses lui passait au-dessus de la tête, et il avait mangé comme un robot, statique et le regard dans le vague, pendant que sa famille essayait tant bien que mal de discuter d'autre chose. Difficile, presque impossible, avec la masse informe qu'il représentait au bout de la table, terrifiant rappel de ce qui les frappait.
Comme toujours, il était la source du problème.

Il aurait pu remonter dans sa chambre après le repas et retourner attendre la fin dans sa couverture, mais Naev le traîna en ville pour qu'il lui achète une peluche. Malgré son air de déterré et le profond soupir qu'il poussa, elle réussit quand même à le faire enfiler un jean et des basket et à l'emmener dehors, dans une joie un peu forcée qui ne le trompa pas : elle voulait simplement retrouver son frère et pas la créature flasque et sombre qui l'avait remplacé. Il fit un effort pour esquisser un sourire quand elle lui présenta une peluche de panda géant, et ça sembla lui suffire. Elle lui colla le doudou entre les bras et le força à passer une heure en ville avec elle, comme si le regard attendri des passants allait chasser sa mauvaise humeur. Peine perdue, il avait déjà du mal à faire le simple effort de sourire devant l'enthousiasme surréaliste de Naev, ce n'était pas des inconnus qui allaient le motiver plus. La journée n'avait été qu'une masse pâteuse, floue et inintéressante.

Puis il était rentré, s'était cloîtré dans sa chambre et avait repris son observation du soleil. Encore un jour de moins avant la fin de ma liberté. Il aurait pu en profiter à fond, mettre à profit ces derniers jours, mais l'injustice qui le frappait était trop forte et, avec elle, un sentiment qu'il ne connaissait pas et n'avait jamais ressenti avant.
La culpabilité.
Il ne connaissait pas les regrets. C'était un sentiments qui s'était toujours éloigné de son cœur à cause de sa vision très instable du bien et du mal. Il avait déjà fait souffrir des gens, en avait blessé d'autres à commencer par ses deux sœurs, mais il ne s'était pas senti coupable. Il ne se sentait pas non plus coupable pour la copine chouineuse de McKerman qui avait été effrayée par Hannah, ou pour Jenny elle-même et sa soit-disant blessure. Il se sentait mal à cause d'Hannah.

Quand il était à l'ISS, il avait la force de ne pas regretter son choix. Il avait choisi entre la liberté et l'amour, l'une des décisions les plus difficiles de sa vie mais portée par une constance existentielle qu'il ressentait depuis sa naissance. Il avait fui l'IRS pour se consacrer à la chimie, il avait arrêté petit à petit de venir la voir jusqu'à la réalisation finale, fin janvier, où il avait compris qu'il ne la reverrait plus. Parce que quelque chose s'était amenuisé jusqu'à disparaître. Mais il avait sa liberté, sa passion, un avenir qui se dessinait. Il avait de quoi se convaincre que sa décision était la bonne, que les événements avaient une vraie raison d'être parce qu'il ne pouvait pas rester piégé à l'IRS. Maintenant il allait y retourner, et il ne lui resterait plus rien. Ni avenir, ni liberté, ni amour.
Il laissa sa tête tomber sur son bureau avec un bruit mat, écrasé par ce sentiment nouveau dont il aurait préféré se passer.

Dans quelques heures, on viendrait lui poser des questions à nouveau pour sa version de l'histoire, on lui donnerait le témoignage de McKerman qu'il n'avait pas envie de voir. Demain, il avait cet après-midi poker avec Sylvia auquel il n'avait pas spécialement envie de se rendre. Dans une semaine, il retrouverait son ancien école, ses anciens amis, son ancienne prison, et des centaines de questions... La sociabilité devenait écrasante quand le monde vous plantait son injustice en travers de la gorge.
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Mar 6 Fév - 11:43

20 Juillet
2017
La loi du plus fort

Rp solo

Revoir Hannah n'avait probablement pas eu sur son humeur l'effet qu'Any escomptait. L'après-midi poker auquel il s'était finalement rendu l'avait remis face au sentiment découvert la veille, ou ressenti pour la première fois pleinement la veille, et il avait joué toutes ces parties avec le poids de la culpabilité et du doute, avec sa propre rationalité qui écrasait systématiquement le moindre de ses espoirs. Il l'avait abandonnée, il l'avait laissée seule, il en pouvait pas décemment espérer la revoir et la récupérer. Elle le haïssait probablement et elle finirait de toute façon par le faire, même si elle ne croyait pas à la raison de son retour à l'IRS.
Il s'était séparée d'elle pour s'éloigner de l'IRS, et elle le retrouvait à jouer au poker avec une élève de Forge. Comment aurait-elle pu ne pas lui en vouloir ?

Cette dernière semaine n'avait fait que remuer le couteau dans la plaie. Voilà tout ce qu'il avait perdu pour une année de liberté illusoire, qui s'achèverait aujourd'hui. Les questions, les témoignages, la recherche longue et fastidieuse de preuves que le parti adverse pourrait chasser d'un revers de main. Il leva la tête vers le ciel une dernière fois, songeant qu'à partir de maintenant, il ne le reverrait qu'à travers les barreaux à sa fenêtre ou l'ombre des murs de sa prison. Puis il entra dans le tribunal en serrant la main de sa sœur.
Il marchait vers un abattoir, vers un pièce organisé auquel il était trop tard pour échapper. Bien trop tard, depuis bien trop longtemps.

Avait-il vraiment besoin de témoigner ? De plaider non-coupable, de risquer de retourner en Potion si par miracle quelqu'un entendait sa sincérité ? Ne pouvait-on pas juste le renvoyer à l'IRS sans procès, sans se prendre la tête avec une mascarade ? Il s'assit quand même su le banc des accusés, écouta l'introduction du procès d'un air détaché, écouta les témoignages du camp adverse avec une envie de vomir de plus en plus persistante, écouta son avocat défendre sa cause tandis qu'il regardait les dernières miettes du monde s'effondrer autour de lui. Avait-il l'air coupable ? La culpabilité d'avoir abandonné Hannah serait-elle plus visible que son honnêteté, son innocence, que son désespoir ? Non... les gens mettraient sur son visage l'expression qu'ils voulaient y voir. Ils l'avaient toujours fait.

Personne ne l'invita à témoigner. Son avocat fit tout le travail à sa place, lui évitant la lourde tâche d'avoir à retrouver des émotions. Personne n'aurait cru sa voix atone et écrasée par le poids du monde. Mais ce n'était pas à lui de le faire, pas à lui de parler. Il écouta l'histoire montée de toute pièce en serrant les dents tandis que les McKerman et leur avocat détruisait pièce par pièce toute la défense qu'il avait pu construire. Il sentit des regards dégoûtés se poser sur lui quand la raison de son problème fut évoquée. Un ado de quinze ans qui accepte 300 livres pour coucher avec une fille, juste pour jouer au poker. Il sentait leur jugement. Il entendit sa mère fondre en larmes quand les mots se frayèrent un chemin dans sa tête, perçu le tremblement de Naev, le regard incrédule et suppliant de Rikissa. Tout le monde le pensait guéri, tout le monde pensait qu'il avait arrêté, et ils découvraient en prime une autre partie de sa décadence qu'il leur avait caché du mieux possible. Seul son père restait stoïque, mais il percevait la tension dans ses muscles. Culpabilité, colère, honte ? il n'aurait su le dire.

Mais cela ne suffit pas. Personne ne put associer avec cette histoire d'argent l'image de la Jenny tremblante et en larmes, l'air visiblement traumatisé et les preuves d'abus sexuel fabriquées de toute pièce par un médecin soit véreux, soit attaché à leur cause, soit par Jenny, après tout, n'était-elle pas assez folle pour se blesser elle-même juste pour obtenir vengeance ? Et même en y croyant, qui voulait d'un garçon comme lui en contact avec leurs enfants ? N'était-il pas mieux de l'enfermer et de le tenir à l'écart des filles plutôt que de craindre qu'une autre d'entre elle veuille le payer pour une nuit dans son lit, ou qu'il en pousse certaines vers le chemin de l'addiction ? Le mépris du jury passerait avant l'impartialité, et il n'avait de toute façon aucune preuve de l'existence de cet argent. Jenny avait bien retiré une grosse somme récemment, mais elle correspondait à l'achat d'une console flambant neuve.
Evidemment, puisqu'il avait donné la somme à son frère aussitôt. Le pensait-on capable d'inventer un tel mensonge pour sauver sa peau ? Elle avait l'air si innocente, après tout. innocente, mielleuse et doucereuse, dans sa robe blanc pur et avec ces fausses larmes au coin des yeux. Avec son historique parfait. ISS contre IRS, fille sans problème contre gamin connu pour des comportements parfois violents.
Aucune chance. Il attendit le verdict avec l'air désintéressé de celui qui connaît déjà la réponse.

- ...coupable.

Mais son monde s'était déjà écroulé.
©️ Alix
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