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Une rencontre décalée

Gordon Sherman
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Jeu 2 Fév - 22:07


Depuis que je me suis levé ce matin, je fais absolument n’importe quoi. La moitié gauche et la moitié droite de mon corps ont décidées de ne pas agir en simultané, et je suis obligé d’anticiper mes mouvements pour pouvoir marcher à peu près droit. Le plus difficile a été de quitter le dortoir, en me levant, parce qu’avec ma chambre au quatrième étage, je suis tombé plusieurs fois dans les escaliers. Pire : je suis tombé à contretemps.

Depuis que je me suis levé ce matin, le Canon de Pachelbel résonne autour de moi. C’est avec une difficulté incroyable que j’ai tenté de suivre les cours, entendant les voix des professeurs en canon, évidemment, et mes deux mains ne réussissant pas à se suivre l’une et l’autre. Je n’avais qu’une seule solution : je devais me recalibrer.

Après quelques heures de souffrance canonique, une pause se place enfin devant moi. Sans perdre un seul temps, je cours hors de ma salle – ou plutôt, je me dépêche maladroitement, encore désorienté par mes mouvements décalés. J’arrive enfin à la salle providentielle qui pourrait me sauver de ce désastre. La salle de musique.

Je m’écrase misérablement contre la porte avant de réussir à en attraper la poignée. Par chance, elle est ouverte, et vide – au moins, je ne dérangerais personne. Je commence immédiatement à tirer deux claviers vers le magnifique piano à queue, trop lourd pour être déplacé, mais promettant des sons d’une glorieuse intensité.

Je mets dix minutes à tout installer. Après tout, mes yeux ne regardent pas au même endroit, et je tombe tous les dix pas, alors réussir à brancher les claviers dans des prises a été une véritable cacophonie. Mais, après un travail acharné, je réussi enfin à tout mettre en place. Je suis surpris de la tournure qu’on prit les choses : même pour moi, c’est une première. Aucune chanson n’avait agi sur mon quotidien de manière aussi forte jusqu’ici. Peut-être que le Canon réagit à ce nouveau lycée. C’est peut-être l’air anglais.

Enfin bref. Me voilà enfin installé sur une chaise, le piano à ma droite, un clavier à ma gauche, le second au sol. Mon œil droit se tourne vers le bas, et je remarque alors une erreur fatale : je n’ai pas retiré mes chaussures. Je pousse un demi-soupir avant que mon œil gauche ne suive la cadence, puis tente laborieusement de me mettre pieds nus. Heureusement, je n’avais pas fait mes lacets ce matin – des mouvements si compliqués m’avaient semblés hors de portée – et, malgré toutes les chutes encourues, je m’en félicite maintenant, car je peux m’en charger avec une seule main. Le moment fastidieux, c’est plus d’enlever les chaussettes.

Une fois libre, je ferme l’œil droit, puis l’œil gauche, place une main sur le piano, l’autre sur le clavier, et mes deux pieds sur l’instrument déposé sur le sol. Tout est prêt ; plus rien ne peut m’empêcher de jouer.

C’est avec le piano à queue que je fais sortir les premières notes du Canon, en douceur, savourant le son qu’il produit. Mon pied droit suit immédiatement, laissant tomber les accords correspondant au début de la mesure. Le reste de mon corps réagit plus tard, deux mesures plus tard pour être précis, parfaitement calé sur la musique. Mes pieds marquent un fond sonore, comme un tableau léger sur lequel peut se dérouler l’histoire racontée par le piano.

Celui-ci déroule ses intentions d’une voix claire, de plus en plus puissante, gagnant en intensité alors que je regagne en confiance, faisant vibrer ses cordes aux coups des petits marteaux, laissant chacun de ses mots chanter dans la salle, dans le couloir, dans le lycée.

Derrière lui, ma main gauche le suit discrètement, comme pour appuyer ses intentions, pour souligner ses dires, pour répéter l’histoire à tous les retardataires. L’univers, doucement, se construit, et la salle de musique de l’institut Indarë s’efface pour laisser place aux rêves de Pachelbel, à mes intentions, aux émotions de chaque élève, chaque professeur aux oreilles assez ouvertes pour laisser la mélodie les porter.

A mesure que je raconte le récit avec les notes, mes mouvements retrouvent leur naturel. Plus la musique prend en intensité, plus je me met à bouger, laissant tout mon être s’envoler aux sons que j’ai entendu depuis que j’ai ouvert les oreilles aujourd’hui, entrant dans une transe dansante, les yeux fermés, tous les membres accrochés aux instruments, seuls mon torse et ma tête capables de s’exprimer. Mais le morceau approche de sa fin ; je retrouve doucement mon calme, mon immobilité – si ce n’est de mes doigts et de mes orteils – et laissant ma tête se baisser, un demi-sourire s’affichant crescendo sur mes lèvres.

Je joue la dernière note. Mes yeux s’ouvrent d’un seul mouvement et je relève la tête, terminant mon sourire en canon, à l’honneur du compositeur. Je me lève, ravi d’avoir pu jouer : je ne fais plus qu’un avec la musique. Tout mon corps s’y est relié. Les deux parties de mon être se sont retrouvées, je peux enfin bouger à ma guise. Le Canon résonne encore autour de moi, mais cette-fois ci, il ne m’ensorcelle pas au point de me faire perdre la tête.

Je me retourne face à la porte  que j’avais laissé ouverte en entrant, m’attendant à y voir un professeur en colère à cause du bruit, mais ce n’est pas le cas. Une autre élève, d’environ mon âge, est là, dans la salle. Elle me regarde sans dire un mot. Sans bouger. Sans émotion.

Un silence vivant m’examine. Sur sa tête même se dresse un demi-temps de vide.

Intrigué par ce mystère, je me décide à engager la danse, pour voir si c’est une véritable incarnation du 4’33 qui se tient devant moi.

« Salut ! T’as écouté mon morceau ? T’en as pensé quoi ? »



Merci Raven :D :D :D

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Dernière édition par Gordon Sherman le Jeu 9 Mar - 7:27, édité 5 fois
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Tina Claw
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Sam 4 Fév - 11:44

 


Une rencontre décalée .feat Gordy~


   
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Tina s'était levé en première ce matin, du moins, la première de ses deux camarades de chambre. Il devait être environs 4h30-5h mais c'était les heures préférée de la jeune fille. L'air était frais, respirable, il n'y avait pas âme qui vive et le silence était maître de l'endroit. Le tout caché sous le voile d'une aube bienveillante, qui prépare la venue du soleil dans le ciel. Sans oublier le froid brumeux du matin. Bref, bon nombre de choses que la lycéenne appréciait, chose qui était assez rare pour le souligner, elle se leva donc tranquillement et sans bruit, tel un fantôme discret et sans présence. Elle avait toujours été douée pour se fondre dans la masse et ne pas se faire repérer ou remarquer des autres. Dix minutes plus tard, complètement habillé et son sac sur le dos, Tina ressortit de la chambre et se mit à longer le couloir en silence. Elle n'était pas certaine d'avoir le droit de sortir à cette heure, surtout lorsqu'il n'y avait aucun adulte pour la surveiller, elle, la folle. Alors qu'elle marchait vers la sortie, la jeune fille baissa les yeux vers ses mains et plus particulièrement le bout de ses ongles, taillé tout près de la peau, rendant impossible une quelconque entaille même en appuyant très fort. Mh.. Décevant. Peut-être devrait-elle faire en sorte de gagner la confiance des adultes pour que ceux-ci la laisse à nouveau se faire pousser les ongles. Parce qu'après tout, aucun ciseau ou couteau n'était disponible ou que ce soit, et évidemment, Tina n'avait pas autorisation d'en rapporter. Il restait bien sûr les dents, pour faire couler le sang de son poignet dont elle avait besoin pour ses rituels, mais c'était bien moins propre. Dans tout les cas, La demoiselle se devait de trouver une solution, elle s'ennuyait bien trop depuis quelques temps. Peut-être que ses colocataires seraient effrayés de la voir au centre d'un de ses cercles, le poignet en sang. Rien qu'à cette pensée Tina ricana, elle ne pouvait attendre jusqu'à la.

Les cours de la matinée venaient de finir, c'était du moins ce qu'annonçait la sonnerie et le brouhaha créé par les élèves bien trop enthousiaste et plein de vie. Ce qu'ils étaient fatiguant et dénué d'intérêt. C'était tous les même, avec des centres d'intérêts communs et qui ne sortait pas de l'ordinaire. Pourquoi ils devaient ressembler à une masse ensemble et non à un nombre incalculable de petits points différents, qui créaient un tableau de mille nuance ? Pathétique. Tina n'aurait jamais pensée que les êtres humains en dehors du couvent étaient encore moins intéressant que ces soeurs. Leurs foi était, elle, très intéressante. Comment pouvait-on croire à ce point aux dires et faits d'un livre ? Pourquoi ce livre en particulier ? Et pourquoi existait-il des versions différentes selon les peuples alors qu'il n'était censé n'y avoir qu'un seul Dieu ? Aucune soeur n'avait voulu répondre à Tina à l'époque, peut-être qu'elles n'aimaient pas avoir leurs foi remisent en cause, peut-être que ce ne sont que des illuminées aussi. Dans tout les cas, de l'avis de Tina ce "Dieu" n'était ni miséricordieux, ni bon, il était mégalomane, se permettant de juger les être humains alors que lui-même ne donnait que des conditions de vie impossible à réaliser, si ce n'est dans un monde utopique. Certes, ils étaient cnsé être sa création mais, n'avait-il pas perdu lui-même le contrôle de sa propre création et l'avait abandonné, pendant des milliers d'années parce que des individus à cet époque-là avait exécuté son fils ? En quoi les générations future y était pour quelque chose ? N'enseignait-on pas le pardon ? Lorsqu'elle pensait à cet individu, Tina avait plus l'impression d'un enfant capricieux que d'un roi majestueux.
Mais,encore une fois elle avait dérivé dans ses pensées et c'était perdue, c'était d'ailleurs une voix masculine qui l'avait sortie de sa rêverie.


Salut ! T’as écouté mon morceau ? T’en as pensé quoi ?


A vrai dire, Tina n'avait pas écouté, ni même qu'elle savait où elle se trouvait actuellement. Mais à en juger par la pièce c'était sans doute une salle de musique, l'individu se tenait d'ailleurs seul au centre, avec trois piano autour de lui. Ce détails piqua la curiosité de la jeune fille qui, depuis longtemps, se dit qu'elle venait enfin de trouver un individu digne de son intérêt. Elle était maintenant intéressé par son morceau, et même désireuse de l'entendre, à tel point qu'elle parla. Du même ton toujours plat, glacial et désintéressé, mais elle parla.

Refais le.



   

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Gordon Sherman
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Sam 4 Fév - 19:54



4’33 me regarda un instant avant d’ouvrir la bouche et d’émettre un son.

« Refais-le. »

Un frisson désagréable joue chaque os de ma colonne vertébrale. La fille m’a parlé, mais… aucun son n’est sorti de sa bouche. C’est comme si sa voix n’avait aucune note, aucun ton, aucune hauteur, aucun timbre, rien. Entièrement vide. D’ailleurs, en y repensant… je ne me souviens même plus du son de sa voix. Y a-t-il vraiment eu un son ? A-t-elle réellement parlé, ou ai-je simplement compris ce qu’elle voulait que je fasse ? Cette fille est vraiment terrifiante… elle est vraiment comme un 4’33.

« Hum… d’accord… »

Un malaise incroyable s’empare de moi. Je me trouve face à ma Némésis ultime : un être anti-musical. Je ne pensais pas que ce genre de personne existait, mais apparemment, je me trouve bien face à un éternel silence, une pause gigantesque noircissant la partition de la vie. Rien que d’y penser, j’ai les doubles-croches qui s’affolent.

Je me rassoie entre mes pianos, face à 4’33. Je n’ose pas la quitter des yeux, j’ai peur qu’elle vole ma musique comme un vampire. Mes doigts retrouvent leur place sur leurs pianos respectifs, mes orteils se reposent sur les touches des accords du Canon. Gardant mes yeux fixés dans ceux du silence, je commence le morceau de Pachelbel.

Un combat commence. L’univers de la musique doit triompher d’un monde sans mouvement, sans vie. Je dois réussir à réactiver cette pauvre fille, coincée dans un étau de soupirs. C’est une mission extrêmement importante, et je mets donc toute mon énergie dans ce Canon. C’est mon âme même que je transmets. Les notes explosent, tirées vers les chaînes immobiles de 4’33. A mesure que le morceau avance, je reprends confiance, persuadé de mon effet. Ma transe dansante se reforme autour de moi, et mes yeux se ferment du plaisir d’écouter la voix du compositeur me transmettre ses émotions à travers mes doigts et les âges.

J’oublie la peur que m’a inspirée 4’33 pendant un instant. Une chanson si pure, si belle, elle ne peut y résister. Je suis sûr que ma musique, ma danse, mon aura de partition la touchera au point de faire disparaitre ce demi-soupir de son crâne. Quand j’ouvrirais les yeux, c’est certain, elle portera un grand sourire sur ses lèvres, et m’applaudiras à contretemps comme le font toutes les personnes qui pensent faire plaisir aux artistes avec leurs petites mains.

Mais ce n’est pas ce qui se passe.

Ma danse ralentit, je rouvre les yeux, pleins de la lumière de l’esprit de Pachelbel qui a vécu en moi l’espace de quelques minutes. 4’33 est toujours au même endroit. 4’33 n’a pas réagi. 4’33 n’a pas de sourire aux lèvres. 4’33 n’applaudit pas à contretemps. 4’33 n’applaudit pas du tout d’ailleurs. En fait, 4’33 est encore parfaitement immobile, parfaitement silencieuse, parfaitement absente.

« Bon, alors… ça t’as plu ? »

J’ose lui parler. C’est déjà un bon point. Mais franchement, cette fille me fait flipper. Je n’ai que rarement l’occasion de voir une partie fondamentale de l’écriture musicale prendre forme humaine devant moi, et comme par hasard, ça doit être une pause, un soupir, un silence. Pourquoi est-ce que je n’ai pas rencontré une croche pointée ? Elles sont déjà bien plus appréciées des musiciens, bien plus rigolotes, bien plus intéressantes. Les pauses, c’est le vide. C’est la peur. La sensation d’attente et le début de l’appréhension que peut avoir le meilleur violoniste du monde quand il se prépare à jouer sa première note avec l’orchestre.

Je fixe 4’33 dans les yeux, attendant de voir si elle compte disparaitre, comme en fin de mesure, ou proférer une autre de ses paroles silencieuses.



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Tina Claw
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Mar 7 Fév - 14:54

 


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« Hum… d’accord… » dit le jeune homme.

Tina put remarquer qu'il était mal à l'aise, qu'il avait presque peur d'elle. Ca l'aurait presque fait sourire de voir cette réaction, elle aimait procuré ce genre de sentiments aux autres. C'était jouissif de les voir terrifié, la regardant avec de grands yeux tel des lapins pris dans les phares d'une voiture. Le plus drôle c'est encore de l'entendre bafouiller ou parler d'une toute petite voix, la jeune fille sentait cependant qu'il n'était pas tout à fait normal. Elle n'avait rien fait pour le terrifier, si ce n'était parler, et ce n'était pas non plus comme si elle était plus grande ou baraqué que lui. Après tout, il semblait être un musicien, sans doute que son silence était la clé.
Le blondinet n'arrêtait d'ailleurs pas de la fixer, comme s'il avait peur qu'elle s'approche furtivement et lui fasse du mal. Pf, pourquoi ferait-elle ça ? Alors qu'elle venait enfin de trouver un individu un tant soit peu intéressant. La musique venait d'ailleurs de commencer, alors que l'individu fermait les yeux et jouait frénétiquement. Tina resta immobile, écoutant, absorbant la musique jusqu'à la conclusion suivante : Elle n'y trouvait aucun intérêt. C'était ennuyeux. Elle n'exprimait rien aux oreilles de la jeune fille, aucune vibration ne la parcourait. Le jeune homme quand à lui semble en pleine transe, c'était donc bien ça, il est fou de musique et son silence, son être entier l'effraie... Intéressant. Au final, l'intérêt que Tina pourrait lui porter ne se trouvait peut-être pas dans la musique ou l'individu en lui-même, mais plutôt ce qu'elle lui inspirait. Ca faisait longtemps depuis qu'elle avait quitté le couvent, que la demoiselle avait provoqué cela à vrai dire. Elle passait plus inaperçue, les gens l'ignoraient, ce qui n'était pas plus mal il est vrai.

Bon, alors… ça t’as plu ? »

Non. Ca n'avait pas plu à Tina. L'adolescente n'aimait pas la musique, surtout les musique comme celle là. C'était ennuyeux, elle n'avait rien ressentie, pas de vibration, pas de sentiment fort. Juste.. Le désintérêt habituel. C'était... Décevant.
La demoiselle sortie son téléphone, s'approchant lentement du jeune homme, mesurant ses pas et la cadence pour faire monter la tension, tant qu'à voir une expression de terreur et d'effroi, autant qu'elle y mette du sien. Elle tapa lentement sur son téléphone, contrairement à son habitude, puis le tourna vers l'individu, plantant son regard dans le sien.

Non. C'était plat.



C'est cruel. Tina en est parfaitement consciente, elle sait qu'il est de coutume et de bienséance de répondre "oui", ou de donner un avis constructif, mais elle a envie d'agir de manière puérile. Ce que la jeune fille désire surtout c'est déstabiliser cet individu, le planter face à un mur insurmontable,le forcer à se remettre en question et le voir s'écrouler devant sa propre faiblesse. Voir les humains se détruire eux-même, c'est ça qui est intéressant. Mais peut-être sauras-t-il déjoué tout ça et la surprendre ? En tout cas elle est impatiente de voir ça, ça la ferait presque sourire. Presque.


   

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Gordon Sherman
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Mar 7 Fév - 16:22


4’33 ne semble toujours pas réagir. Apparemment, son cœur ne s’est pas remis à battre au tempo de la vie avec la beauté du Canon. Je peux toujours l’entendre résonner dans l’air, mais il semblerait bien que la jeune fille n’ait pas été touchée par les vibrations de l’environnement, brisant le temps et l’espace pour parvenir jusqu’à elle.

Après un instant infini d’immobilité, le silence se met à bouger. Elle sort lentement son téléphone, et y écrit quelque chose avant de s’avancer vers moi. Chaque fois qu’elle se rapproche de moi, les battements de l’univers semblent s’altérer, comme une messagère de la mort autour de laquelle toute joie, toute énergie avaient disparues. Alors qu’elle se rapproche de moi, le Canon laisse place à la fameuse œuvre de Chopin. La Marche Funèbre de ma Némésis resserre son étau autour de mon torse, écrasant tout l’air hors de mes poumons sans que je produise le moindre son. Même la musique macabre commence à disparaitre lorsque 4’33 tourne son téléphone vers moi. Je n’entends plus qu’un silence atroce.

Un silence de mort.

« C’était plat. »

Tout l’univers s’arrête de bouger. D’exister. De vivre.

Mon esprit arrive à conjurer la Marche Funèbre une dernière fois. Je sens que je suis en train de perdre pied, de disparaitre, que mon âme utilise ses dernières forces pour m’offrir une sortie honorable. Mon cœur s’apprête à terminer sa mesure, sans reprise, sans coda. Rien. Plus rien ne m’attend après cette rencontre. 4’33 m’a montré une vérité atroce : il existe un être vivant sans aucun son. Aucune musique. Un être mort, mais capable d’être.

Le sang quitte mon visage, je ressens le froid dans mes doigts. Cette atroce Faucheuse est prête à me dévorer. Plus d’échappatoire. Je tente de me rattraper à quelque chose pour échapper à ces mots. « C’était plat ». Ils résonnent sans un bruit dans mon esprit lorsqu’un son providentiel sonne à mes côtés.

Un mi clair, pur, brise les chaînes qui étaient sur le point de me tuer. En tentant de m’appuyer, j’ai activé une des touches du piano à queue. Je le regarde comme un sauveur : c’est le seul moyen pour moi de ne pas succomber à ce silence de mort. Je n’ai plus le choix, pas le temps de réfléchir. Il faut que je fasse bouger, vibrer, trembler l’air et les murs jusqu’à ce que même le cœur du 4’33 tonne du son de la vie. Si je ne le fais pas, je ne sais ce qui pourrait m’arriver. Je ne sais si je pourrais survivre.


Sans plus attendre, je tourne vers l’instrument de la salvation et commence à marteler les touches dans l’espoir de ne combattre la mort par la seule arme à ma disposition. Chacun de mes mouvements force le sang, la chaleur, la vie à retourner dans mes doigts et dans mon visage. Les battements de mon cœur s’accélèrent jusqu’à atteindre le tempo exact de la musique dans laquelle je me suis lancé. Je ne sais pas où je l’ai déjà entendue, mais les pensées ne peuvent encore traverser mon esprit de façon claire et précise. Tout n’est encore qu’un flou s’approchant du néant, dans lequel je me sens encore entrainé, me tenant de toutes mes forces aux touches du piano dont les marteaux combattent le vide de ma Némésis.

Une violente déflagration de musique tranchante éclate hors du piano à queue, que j’observe avec des yeux fous. Une violente déflagration de vie douloureuse éclate dans mon torse, à la fois atroce et délicieuse. C’est un combat qui s’est engagé, et je n’ai d’autre choix que de devoir gagner. Je sais ce que signifierais une défaite, et je n’ai pas l’intention de disparaitre sur cette chanson mystérieuse, je ne compte pas disparaitre en m’étant éveillé au Canon de Pachelbel, je ne compte pas disparaitre après avoir joué un hymne à la vie.

La chanson se développe sans que je ne puisse la contrôler. Toute mon énergie passe dans la production de ce qui pourrait être la performance la plus importante de ma vie. Après tout, c’est ma vie elle-même qui est en jeu ici. Je ne me connaissais pas cette inclinaison pour le piano, mais peut-être que je ne la possède tout simplement pas : peut-être que ce n’est qu’un corps poussé à ses derniers retranchements face à la terreur de la mort. Peut-être ne pourrais-je jamais plus jouer cette musique. Quelques minutes de combat seulement, mais le temps a été aboli. Face au silence, le temps n’a plus aucune signification. Une courte éternité s’écoule dans cette salle infinie, entre moi et une créature sans fond, sans substance et pourtant réelle à en faire peur.

La chanson se termine sans que je ne puisse la contrôler. Abruptement, violemment, sans prévenir. Je sens qu’il est temps de faire face à mon destin. Alors qu’un vide absolu entoure mes oreilles, comme si j’étais sourd à toute vie que l’univers étalait devant moi, je me tourne vers 4’33, le regard déterminé, presque en colère. Une détermination froide, une résiliation mêlée d’espoir et de courage. Je sais ce à quoi je ressemble. Mais, pour la première fois depuis des années, je ne sais pas comment je vais sonner.

« Alors ? »



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Mer 1 Mar - 16:47

 


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L'individu en face d'elle semblait totalement tétanisé par sa présence, et encore plus par ce qu'elle venait de dire. Avait-il fait une crise cardiaque ? Si oui, ce serait gênant, Tina ne savait pas réanimer les gens, et son existence n'avait aucune valeur à ses yeux, se serait sans doute trop fatiguant d'essayer de trouver comment faire. Mais bon, la jeune fille n'avait pas non plus envie de se retrouver en prison ou condamner, elle espérait donc simplement que son coeur n'avait pas cessé de battre.
Tout à coup, une note résonna, un mi si Tina ne disait pas de bêtise. Pour elle ça ne signifiait rien, mais le jeune homme sembla redémarrer, comme si ça l'avait sortis de sa torpeur. Soudain, il se saisit du piano, se mettant à en marteler frénétiquement les touches, comme s'il s'y accrochait, comme si sa vie en dépendait. Enfin, qu'est-ce que la jeune fille pouvait en savoir, c'était peut-être bien le cas après tout.
La chanson défilait, violente, acharné, frénétique et, bizarrement, elle faisait vibrer Tina. Pas assez, malheureusement, la musique se ressentait encore trop douce à ses oreilles, trop insaisissable, volatile. Pas le genre de chose qu'elle appréciait, ce n'était pas assez violent, pas assez macabre. Cette musique n'était tout simplement pas assez. Finalement, elle s'arrêta, laissant planer quelques secondes un vide au-dessus de la tête des deux individus, tout deux se fixant du regard.

« Alors ? » Lâcha le blondinet, la voix tremblante.

Voilà quelque chose d'intéressant, lui qui semblait vivre par la musique c'était laissé abattre, déstabilisé par elle, une parfaite inconnue. C'était une information que Tina devrait garder pour elle, c'était comme si elle avait un pouvoir, une emprise sur cet individu, rien que par sa simple présence. Tandis que lui semblait dans la capacité de la faire vibrer à travers sa musique. Elle ne devrait pas perdre pied, ni même se laisser aller, ou elle perdrait le contrôle sur lui et il prendrait sa place.

Pas assez.

répondit-elle froidement, implacablement, bien loin des sentiments que pourrait ressentir le jeune homme. Après tout, ça lui importait peu.

Décidant qu'elle en avait assez, Tina se saisit de son téléphone, pianota rapidement quelque chose puis le tendis face à l'individu.

"Tina." Avait-elle sobrement remarqué. Puis, d'un geste lent et calculé, elle tourna les talons et sortit de la pièce, le laissant planter là alors que la sonnerie retentit en même temps que la dernière trace de son corps à travers la porte.


   



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Jeu 2 Mar - 15:44
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Canon in D - Pachelbel
Avec 4’33

Les temps passent les uns après les autres, à toute vitesse, au rythme de la musique de survie que je viens de terminer. Mais les silences qu’ils portent de fond de plus en plus pesant, écrasant ma volonté et mon envie de vivre. J’ai espéré que cette musique la ferait réagir, mais elle ne dit rien, elle reste plantée là alors que je crains qu’elle soit entièrement hermétique à toute forme musicale.

« Pas assez. »

Sa voix silencieuse résonne d’immobilité. Une main glaciale fouille mes entrailles, arrachant une douleur froide à mes organes, hurlant de peur à l’intérieur, sans que je puisse produire le moindre son. Mais mon cerveau réagit à sa phrase. « Pas assez. » Je sens l’énergie revenir en moi, me redonnant des couleurs, laissant mon œil pétiller à nouveau. 4’33 pense sûrement que ses mots m’auront achevés, me faisant considérer ma musique comme inutile – mais elle se trompe.

Je sens un très léger sourire planer sur mon visage, mon corps se détend quelque peu tandis que je sens la vie revenir en moi. « Pas assez » ! Il y a donc un espoir ! Si ce n’est pas assez, c’est évident qu’il y a un niveau d’intensité où elle réagira ! Victoire ! Il ne me reste donc qu’une seule chose à faire : trouver ou composer une œuvre assez explosive, rapide, entrainante pour que l’esprit lambda se voie incapable de suivre, et que celui de cette fille perdue loin des notes se réveille et trouve la lumière.

Son téléphone apparait dans mon champ de vision. Tina. Alors, c’est son vrai nom ? Court, simple, il correspond au surnom que je lui ai donné. C’est assez logique, en soi… Ce nom lui va bien ; mais il lui irait encore mieux si elle pouvait sourire en le prononçant. Elle m’a donné son nom, certes – mais l’ai-je vraiment reçu si elle se montre incapable de me le donner en personne, de le prononcer de vive voix ?

« Gordon Sherman. »

Je réponds extrêmement formellement, encore affecté par l’épreuve dont je viens de sortir. Je suis incapable de lui dire mon surnom. De m’approcher d’elle. Je ressens encore une peur oppressante à son contact, et lui parler amicalement m’est encore bien trop difficile. Elle se tourne lentement, sans précipitation, puis quitte la salle de musique, accompagnée par la sonnerie de la fin de l’heure. Enfin… accompagnée est un bien grand mot. Elle est terriblement en contretemps, absolument pas en rythme, toujours aussi loin de mon univers que je le suis du sien.

La salle est enfin vide. La plupart des gens diraient qu’ils retrouvent le silence, mais c’est l’inverse qui m’arrive : l’univers se remet à vibrer autour de moi, je retrouve la douce musique du Canon, calmant mon esprit, réchauffant mon corps. J’ai l’impression qu’une éternité s’est passée, et pourtant, j’en ai compté chaque temps, chaque demi-temps, m’accrochant à toute espèce de musique que je pouvais. J’ai survécu ; mieux, même, j’ai reçu une mission. Un objectif suprême qui affirmerait mes compétences. Faire vibrer un être réfractaire à toute vie avec ma propre musique. Je laisserais l’univers me guider dans cette direction.

Epuisé de cette confrontation, je reste quelques minutes avachi sur ma chaise, entre mon piano et mes deux claviers. J’observe les instruments un instant, souriant pleinement maintenant. Je reprends une position plus droite, plus professionnelle, repose mes pieds sur un clavier, une main sur l’autre, mon dernier membre sur le piano à queue. Mes doigts se remettent à caresser doucement les touches, extensions physiques de notes intangibles, perdues dans l’air et dans mon esprit. A nouveau, je fais renaître Pachelbel avec les cordes du piano, doucement perturbées par les légers marteaux de l’instrument.

Dans le couloir, on peut encore entendre un doux Canon résonner, solitaire et pourtant double, symbole d’une rencontre décalée.
© Bell




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