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Pour la rentrée 2018, Indarë organise une semaine d'Intégration pour les nouveau élèves et les moins nouveaux.

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Musique de pluies et soleils dans les yeux PV Richard McNair

Léléanne Markest
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Né(e) le : 10/12/1989
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Lun 23 Avr - 0:56


Rain

Léléanne rentrait du travail. Mais dans sa tête elle se souvenait de son dernier cours. Le jeu du roi et de la reine de la musique. Le principe était assez simple. Elle avait fait cours dans le parc.  Là un jeu de cache-cache avait commencé, feuilles à la main les élèves devaient pouvoir lire leur partition s'ils voulaient une fois trouvés  pouvoir se cacher de nouveau. En cas d'erreur l'élève devait chercher avec elle les autres. Il était prévu le lendemain une évaluation de ce travail à relire à la maison bien entendu. Certains avaient refusé de participer, ce n'est pas grave ils avaient le droit en échange ils étaient chargés de contrôler la musique, chaque chanson marquait le temps pour se cacher des participants, Léléanne se chargeait de compter les points. Les non-participants auraient quand même le test demain mais avaient loisir de se reposer au soleil pour réviser. Il faisait beau bien que frais aujourd'hui.

Pourtant elle ne cessait de douter, les professeurs n'avançaient pas pour la plupart par le jeu. Elle suivait le programme de manière ludique et hors normes. Cela paumait certains élèves et était un levier pour d'autres. Et Léléanne voulait aider tous ses élèves mais en était-elle capable ? Depuis le toit, elle doutait de ses compétences à enseigner. Après tout elle avait bien mis en retenue un élève injustement pour l'enquête de ses parents. Qu'est ce qui comptait le plus, les retrouver dans un futur plus ou moins lointain ? Ou aider ses élèves ici, là, devant elle, dans le présent ?  Elle se souvint de la phrase de Tutur sa petite sœur handicapée : « Lélé a encore beaucoup à apporter aux élèves là bas ! » Une boule se logea dans sa gorge, elle adorait sa sœur qui lui manquait terriblement. Mais pour une fois elle remettait en doute cette confiance absolue.

Mais Tutur croyait en elle, elle ne pouvait pas rendre triste sa petite sœur là, après tout Tutur et elle étaient une équipe avec Marbou. Bien que Tutur soit restée en France. Elles étaient liés par le cœur et c'était déjà beaucoup.

Alors Léléanne cherchait, se questionnait, se creusait la tête pour aider de mieux en mieux ses élèves voire en aider certains a participer tout court. Bien que les évaluations soient obligatoires pour valider le programme, elle n'imposait à aucun élève d'aimer la musique. Juste de la goûter comme un parfum inconnu, et en musique il y avait tant de parfums.

Léléanne bailla à force de chercher sans  trouver ce qu'il lui manquait pour être un bon professeur. Et soudain elle vit l'enfant, pas plus de 8 ans, traverser bien entendu hors du passage piéton. Il était presque arrivé mais une voiture fonçait sur lui, elle ne réfléchit pas, et tendit la main attrapa le gosse et tous les deux tombèrent à terre sur le  trottoir. «  FAIS ATTENTION BORDEL ! » cria t'elle au gamin en pleurs. Elle s'en aperçut et l'aider à se lever avec douceur puis se mit à sa hauteur, l'enfant avait un bleu au bras mais sinon personne n'avait été blessé plus que ça.

« Écoute tu m'as fait peur...et toi aussi tu as eu peur ! Mais regarde ! »
Elle continua avec douceur : «  Là c'est un passage magique ! Il t'aidera à bien traverser sans avoir peur ! » Elle montra le passage piéton et demanda avec une voix rassurante : «  Mais que fais-tu seul ici ? » L'enfant murmura entre deux sanglots , pain, boulangerie, première fois qu'on le laissait aller seul en chercher et que papa, maman seraient fâchés et ne voudraient plus qu'il y aille.

Léléanne réfléchit un instant puis sourit : «  Ils ne sauront rien, mais pense au passage magique la prochaine fois ! » L'enfant hoqueta un promis et elle lui acheta des bonbons (et lui le pain prévu) à la boulangerie.

Puis elle le regarda repartir, il ne pleurait plus et surtout il sut bien traverser sur le passage magique. Léléanne sourit heureuse avant d'éclater en larmes. C'est qu'elle avait tellement eu peur la Lélé.

Et avec tout ça elle ne s'était même pas rendue compte qu'elle était dans un quartier qui n'était pas le  sien.
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Richard McNair
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Mar 22 Mai - 16:35
Le travail d'enseignant est souvent décrié, parce que nous avons beaucoup de vacances, parce que nous passons moins de temps sur notre lieu de travail que dans d'autres professions. Bien sur, ces gens oublient que le métier de professeur engendre souvent de longues journées car nous prenons une grande part de notre temps de travail à la maison, heures qu'il est difficile de comptabiliser et qui peut, en certaines périodes, se faire au détriment de la famille. Ce n'était, heureusement, pas toujours le cas.

Aujourd'hui, par exemple, j'avais décidé de venir chercher mon fils à son école moi-même, profitant d'un temps agréable pour transformer cela en une petite ballade. Je portais toujours ma tenue de travail, un costume classique quoi, ayant juste retiré la cravate et laissé la veste ouverte. J'étais un peu décontracté en somme. Mon fils portait l'uniforme de son école, fier d'être capable de porter son cartable sur son dos sans mon aide. Il aurait, de toute façon, refusé que je le prenne si cela n'avait pas été le cas. Depuis la mort de sa mère, il faisait en sorte de m'aider, que je le veuille ou non, et voulait me montrer qu'il était capable de s'en sortir seul. C'était, d'ailleurs, une de mes rares sources d'amusement vu que notre petit personnel s'assurait qu'il n'ait pas grand chose à faire à la maison.

Comme l'estomac de mon fils avait fait savoir que mon gentil garçon avait faim, et qu'il m'avoua avoir chipoté à midi. Et oui, il y a des choses qu'Andrew n'aime pas manger, comme les épinards. Je peux le comprendre, c'est un aliment dont je ne suis pas très fan non plus, même si je n'y fais pas attention en ce moment. Je n'ai pas le moral assez haut pour cela. Soit je chipote sur ce qu'il y a dans l'assiette, soit je mange machinalement. Dans les deux cas, je ne regarde pas ce qu'il y au menu. Bref, je fis un petit détour par une boulangerie qui fait aussi de bonnes pâtisseries pour lui faire plaisir. Et un peu aussi parce que je le gâte peut-être un peu ces derniers temps. Il se prit une petite tartelette aux fraises et nous reprîmes la route.

Je vis, de loin, un incident, un jeune garçon, de l'âge de mon Andrew, manquer de se faire écraser et être sauvé par une personne que je reconnu. Léléanne Markest, une de mes collègues chargée des cours de musique à Indare. Voyant que tout se passe bien entre elle et le petit, je me contente d'approcher tranquillement, alors que mon chenapan de fils mange sa pâtisserie, lentement pour mieux la savourer.


"Bonsoir Léléanne, comment vous portez vous ?"

Oui, j'ai l'habitude d'appeler mes collègues, et tous ceux qui travaillent avec moi, par leur prénom. Je ne suis peut-être pas vieux jeu mais c'est comme cela. Et puis, cela évite qu'il ait à m'appeler "Sir", chose dont je ne suis pas très fan mais qui, d'après l'étiquette, serait correcte. Après tout, chose que l'on a facilement tendance à ignorer, je suis un Lord Ecossais. Cela dit, je ne croyais pas qu'elle vive dans le coin et je m'étonnais donc de la croiser ici, non loin de ma modeste résidence londonienne.


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Léléanne Markest
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Mar 22 Mai - 21:41


Anne Sylvestre - La marguerite

« Bonsoir Léléanne, comment vous portez vous ? » demanda une voix adulte qu’elle connaissait mais elle son regard fut attiré par l'enfant dévorant sa tartelette non loin. C'était bientôt la fête des mères en France...Léléanne sentit une boule se former dans sa gorge.

Elle répondit à son collègue dans un sourire un peu triste : «  Vous êtes partis pour un cadeau pour la maman du petit, Monsieur McNair ? » La grosse bourde mais en même temps c'était Léléanne...qui en oubliait parfois qu'elle n’était pas en France...

Elle vivait dans un monde bien à elle où la guerre se combat à coup de pistolets à eau et les pleurs se calment avec des bulles de savon. Monsieur McNair lui avait dit cent fois de l'appeler Richard mais rien à faire, pourtant elle était très familière avec les autres mais ce professeur était un modèle pour elle, il avait l'air de faire si bien son métier au lieu que elle...Alors comment l'appeler par son prénom en ce cas ?

Léléanne  regarda l'enfant non loin, il ne devait pas avoir plus de six ans. Mais il paraissait déjà tant éveillé au monde, seuls les ignorants ne croient pas au potentiel des enfants. Après tout un bon professeur le sait bien, même si Léléanne était sûre de ne pas être un bon professeur elle ne put pas résister à son instinct et alla sur la pelouse bordant la rue.

« Ah moi aussi j'ai un cadeau pour vous, je ne peux pas le donner à maman pour le moment mais la fête de mères ne dit pas de notre maman non ? » logique et nouvelle gaffe à la Léléanne.

Elle calma peu à peu sa tristesse en faisant un bracelet de marguerites puis le tendit  à son collègue dans un grand sourire un peu mouillé en chantant en anglais traduit à sa façon mais qui passait bien par sa vraiment belle voix une chanson d’Anne Sylvestre de France  qu'elle chantait souvent à Tutur 12 ans après la fuite de ses parents :

« Toutes les mamans
Devraient s'appeler Marguerite
Toutes les mamans
Pour qu'on leur dise très vite
En effeuillant la belle fleur
Pour qu'il n'en reste que le cœur:
Je t'aime un peu
C'est pas du jeu!
Beaucoup, beaucoup,
ça c'est plus doux!
Passionnément
En te serrant!
A la folie
Oh oui oh oui!
Mais pas du tout
ça voyez-vous
On ne le dit jamais : ça ne serait pas vrai... »

Elle déposa le bracelet dans la main de son collègue dans un : «  Je vais bien Monsieur McNair, même si je ne suis pas un bon professeur, je ferai de mon mieux. Donnez ça à votre femme d'accord ? » Elle faillit partir dans un bonsoir mais...

Là drame la tartelette tomba à terre. Prévenant de possibles larmes , Léléanne montra un café non loin : «  Ça vous dit une boisson chaude ? C'est moi qui paye !  » Elle cligna de l’œil : «  Et des cookies ! »

C'est donc attablés que les trois protagonistes se retrouvèrent. Peu après son chocolat l'enfant s'endormit.

Léléanne le regarda et pensa à Tutur et à la lettre de ses parents. Débarrasse t'en...Une rage telle la prit qu'elle en fit tomber sa cuillère en frappant sur la table, le gamin bougea dans son sommeil mais ne se réveilla pas, ouf !

« Je vais chercher la cuillère Monsieur McNair ! » Et l'originale professeure plongea sous la table et se mit à pleurer. « Mes parents sont partis Monsieur McNair, car ils trouvaient ma petite sœur étrange, je suis ici pour les retrouver et en même temps je fais mal...mon métier de professeur...mais... » Enfin Léléanne sortit de sous la table et explosa en larmes silencieuses qu'elle voulut cacher de ses bras. « Ma petite sœur est merveilleuse vous comprenez ? Elle est vraiment adorable ! » Léléanne était tant bouleversée qu'elle en oubliait son caractère franc et sans honte de ses émotions.
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Richard McNair
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Dim 3 Juin - 17:16
« Vous êtes partis pour un cadeau pour la maman du petit, Monsieur McNair ? »


Le coup n'était pas volontaire, nous savions tous que Léléanne était un peu lunatique, mais il fit très mal. Oui, c'était bientôt le jour de la fête des mères. Un moment qu'Andrew et ma chère Marie aurait apprécié partager. Un moment qui n'existera jamais. Je sentis la main de mon fils se serrer doucement dans la mienne et j'y répondis. Cette douleur, nous la partagions tous les deux même si mon héritier sen remettait mieux que moi. Elle sembla toutefois se rendre compte de sa bourde et chanta une chanson, inconnue de moi, à mon fils, tentant de le réconforter. Puis elle nous donna des bracelets, un pour lui et l'autre...

Je vais bien Monsieur McNair, même si je ne suis pas un bon professeur, je ferai de mon mieux. Donnez ça à votre femme d'accord ?

Mon fils se mit à trembler légèrement, faisant tomber sa tartelette au sol. Je sais qu'elle ne le faisait pas exprès mais... elle faisait très mal. Quelle dommage qu'elle oublie certains "détails" car sans cela elle serait une excellente enseignante. Elle a un talent naturel avec les enfants mais son esprit semble parfois dans un autre monde ce qui diminue son potentiel. J'acceptais son offre d'aller dans un café. Nous nous installâmes à la terrasse, le cartable de mon fils à nos pieds. Nous avons bu nos boissons en silence, mon fils posant sa tête contre moi, nos sièges étant assez proche, pour somnoler légèrement. Je sais que cela lui arrivait parfois car il dormait mal, ce qu'il me croyait me cacher. Son professeur m'en avait parlé, pas qu'il dorme en cours mais cela lui arrivait parfois à l'heure des repas ou pendant les récréations.

« Je vais chercher la cuillère Monsieur McNair ! Je ne pouvais me pencher, de toute façon, pas sans faire tomber mon fils. Mes parents sont partis Monsieur McNair, car ils trouvaient ma petite sœur étrange, je suis ici pour les retrouver et en même temps je fais mal...mon métier de professeur...mais... Ma petite sœur est merveilleuse vous comprenez ? Elle est vraiment adorable !

Je lui tendis la main, souriant doucement pour la réconforter doucement en la posant sur son épaule. Elle est en pleur mais je peux comprendre. J'ai vu assez de personnes qui ont été abandonnés par leurs parents pour une raison ou une autre, dans notre institution principalement, et certains étaient mes amis.

"Je ne vous connais pas assez, Léléanne, mais je sais que nos élèves vous apprécient. Vous êtes généreuse, gentille et vous faites tout pour que les autres soient à l'aise en votre présence. Que vous aidiez votre soeur malgré tout ne me surprend pas. Si vous avez, un jour, besoin d'aide, n'hésitez pas à m'en parler ou à Martel. Je sais qu'elle fera de son mieux pour vous aider."

Cela peut être en intégrant sa soeur dans l'école, si elle est jeune, ou en acceptant qu'elles logent toutes les deux dans l'institution. Au pire, je pouvais toujours leur payer un appartement décent. Ce n'était pas l'argent qui me faisait défaut après tout. Quand à leurs parents, je préférais garder pour moi ce qu'ils me faisaient penser. Je n'aurais pas été aussi dépressif, je crois que j'aurais pu me sentir dans un rage très expressive.


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Léléanne Markest
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Jeu 19 Juil - 21:45

Là où les larmes tombèrent une fleur naquit

"Je ne vous connais pas assez, Léléanne, mais je sais que nos élèves vous apprécient. Vous êtes généreuse, gentille et vous faites tout pour que les autres soient à l'aise en votre présence. Que vous aidiez votre soeur malgré tout ne me surprend pas. Si vous avez, un jour, besoin d'aide, n'hésitez pas à m'en parler ou à Martel. Je sais qu'elle fera de son mieux pour vous aider."


Léléanne repoussa sa main de son épaule d'un tressautement mais ne cessa pas de pleurer en silence : «  Je n'ai pas besoin d'aide Monsieur McNair ! C'est Tutur elle a peur, elle ne le dit pas mais elle a peur ! Vous comprenez Monsieur McNair ? » Et de nouveau une salve de sanglots silencieux et ses SOS murmurés, appelant et repoussant à la fois.

« Je suis forte Monsieur McNair, je n'ai pas besoin de câlin, je n'ai pas besoin de tendresse, je n'ai pas besoin de mots doux ni de rien du tout. Moi j'ai ma musique, j'ai ma musique Monsieur McNair ! Alors ça va ! Alors je vais bien ! »

Léléanne ne cessait pas de pleurer cependant mais contrairement à son explosion habituelle ses larmes se révélaient calmes et sa voix murmurante, éteinte surtout en ces derniers mots : «  Je vais retourner chez moi, en allant ici j'ai non seulement abandonné ma petite sœur qui a tant besoin d'étoiles et de ma musique mais en plus j'ai fait croire à des élèves que je venais pour eux. »

Léléanne releva la tête en un sourire mouillé : «  Mais ce n'est pas la vérité, la vérité, c'est...que ils ne reviendront pas, la vérité... » Son regard s'assombrit et sa voix s'éteignit un peu plus : «  La vérité c'est que j'ai fait espérer des jeunes autant que ma sœur de pouvoir leur apporter un bonheur qui n'existe pas. »

Léléanne se leva d'un bond, la chaise racla le sol, récupérer Marbou le chat noir et mettre toutes ses affaires dans une valise et oublier ces rêves, insensés, et surtout, donnés sans preuve de véracité. Oui, c'est tout ce que voulait Léléanne. Mais un chocolat l'en empêcha ou plutôt une serveuse qui servait un chocolat en faisant un sourire niais à Monsieur McNair. Léléanne et elle s'entrechoquèrent et tombèrent. La serveuse se mit à crier très fort des noms d'oiseaux sur Léléanne qui était à terre.

La patron s'avança dans un : «  C'est quoi ce bazar ? » bruyant.

Léléanne ferma les yeux, oublier elle voulait juste une seconde pour elle, rien que pour elle. Juste pour elle...

* « Écoute...Tu sais... » Il rougit fortement... «  Depuis le collège....je ...je ….t'aime... »

Léléanne recula brusquement comme piquée au vif face à son meilleur ami qui semblait trouver ses rangers très intéressantes soudainement. Léléanne eut le regard un peu sombre et murmura : «  L'amour ne fait que séparer les couples, moi j'aime la musique ! »*

Léléanne ouvrit les yeux qu'elle avait fermé à peine une seconde, pourquoi ce souvenir de Nicolas son meilleur ami d'autrefois lui revenait soudain ? Elle avait par la suite fait en sorte qu'il ne dise plus jamais ces mots, que plus personne ne les lui disent car il ne fallait pas aimer Léléanne, Tutur était encore petite, et les parents se déchiraient, il n'y avait pas de place pour Léléanne dans cet enfer, Léléanne était une gardienne, puis l'enfer devint plus sombre, les parents partirent, ils disaient l'aimer et vouloir la séparer de Tutur pour son bien.

Mais Léléanne ne voulait pas de leur amour, Léléanne ne voulait de l'amour de personne, Léléanne n'avait pas besoin de cette « reconnaissance », Léléanne veillait sur Tutur dans sa tour de verre, loin du monde, dans sa lune, mais si merveilleuse, une princesse enfermée dans son ciel dont elle était la gardienne, sa petite sœur... En vérité, Léléanne, combien d'années as-tu supporté cette solitude sans un mot autre que chanté avec bonheur dans cette douleur ?

La serveuse criait sur Léléanne, le patron sur la serveuse, Léléanne était à terre, à genoux, couverte de chocolat chaud, qu'allait faire Monsieur  McNair et son fils au milieu de ce bazar ?
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